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paille-en-queue, paille-en-cul

Genre

masculin

Prononciation

[pɑjɑ̃kø], [pɑjɑ̃ky]

Pluriel

Des pailles-en-queue ou des paille-en-queue.

Variante

(Saint-Pierre-et-Miquelon) paille-au-cul.

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Synonymes de phaéton.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Autour du golfe du Saint-Laurent et sur les côtes normandes, les appellations paille-en-cul et paille-en-queue ont en outre été associées à divers oiseaux marins dont la queue présente une ou plusieurs plumes centrales allongées (canard pilet, harelde kakawi mâle ou labbe).

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn. : fétu-en-cul; voir aussi sous phaéton.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

phaethontidé; phaethontiforme.

Origine et histoire

À partir du milieu du 17e siècle, on relève dans les relations de l’époque, notamment dans des relations en lien avec la colonisation des Antilles, diverses appellations de l’oiseau tropical nommé aujourd’hui phaéton, dont les quatre appellations étroitement apparentées suivantes : fétu-en-cul (1654)Du Tertre, Jean-Baptiste (1654). Histoire generale des isles de S. Christophe, de la Guadeloupe, de la Martinique, et autres dans l’Amerique, p. 312 (GoogleLivres, 2021/04/05)., fétu-en-queue (1665, hapax)Breton, Raymond (1665; édition de 1999). Dictionnaire caraïbe-français, édition présentée et annotée par le CELIA et le GEREC, p. 246 (GoogleLivres, 2021/04/23)., paille-en-queue (1686)[Chaumont, Alexandre de] (1686). Relation de l’ambassade de Mr le Chevalier de Chaumont à la cour du roy de Siam, p. 190 (GoogleLivres, 2021/11/18). et paille-en-cul (1719)Mr N*** (1719). Voyages aux Côtes de Guinée & en Amerique, p. 325 (GoogleLivres, 2021/11/18).. Ces noms, dont la création est souvent attribuée aux marinsDu Tertre, Jean-Baptiste (1667). Histoire générale des Antilles habitées par les François, tome 2, p. 276 : « L’oyseau que les matelots appellent communément fétu en cul, & que quelques-uns nomment plus judicieusement oyseau du tropic, parce que’il ne se voit qu’entre les deux tropics […]. » (GoogleLivres, 2021/04/01)., font clairement référence aux deux plumes centrales très longues et très fines qui caractérisent la queue de cet oiseau.

Le Festu-en-cul, est une autre espèce de Mauve, & gros comme un pigeon; Cét oyseau est tout blanc comme la neige, il a le bec rouge, & deux plumes blanches longues de deux pieds, & estroites, qui luy servent de queüe, & c’est ce qui luy a fait donner ce vilain nom.

Source de la citation : Du Tertre, 1654

il y a un oiseau que l’on nomme paille en queuë, qui porte ce nom à cause d’une grande plume qu’il a à la queüe surpassant les autres de plus d’un grand demy pied, & qui a la figure & presque la couleur d’une paille […].

Source de la citation : De Chaumont, 1686

Il y a une autre espèce d’oiseau qui s’appelle Paille en cul, parce que quand on le voit voler dans l’air il paroît n’avoir qu’une paille dans le derrière.

Source de la citation : Mr N., 1719

Même si fétu-en-cul figure encore dans quelques grands dictionnaires du 19e siècle, cette première appellation française, composée à partir de fétu « brin de paille », semble avoir reculé dans l’usage au profit des formes basées sur le mot paille dès la première moitié du 18e siècleAntony Cheke répertorie encore cette appellation au 20e siècle dans Les noms créoles des oiseaux dans les îles francophones de l’Océan Indien et signale l’emploi de la forme simple fétu « phaéton » dans l’île antillaise de Saint-Barthélemy (1982, p. 23) GoogleLivres, 2021/11/18).. Entre les deux autres formes, c’est paille-en-queue, adopté par G.-L. Leclerc de Buffon dans son Histoire naturelle des oiseaux (1781)Buffon, Georges-Louis Leclerc de, et coll. (1781). Histoire naturelle des oiseaux, tome 8, p. 348 et suivantes (GoogleLivres, 2021/11/19)., qui va rapidement s’imposer chez les naturalistes à partir de la fin du 18e siècle. Mais, au cours des siècles suivants, dans la nomenclature technique, l’emploi de ce nom composé va progressivement perdre du terrain au profit du générique actuel phaéton.

Hors de la zone tropicale, les appellations paille-en-cul (variante paille-au-cul) et paille en queue ont également servi à désigner d’autres oiseaux marins à queue allongée. La première forme est attestée comme nom d’un canard nord-américain dès l’époque de la Nouvelle-France, au milieu du 18e siècleToupin, Robert (1996). Les écrits de Pierre Potier, p. 445.. Et d’après les enquêtes linguistiques effectuées au 20e siècle dans la région du golfe du Saint-Laurent, les deux appellations étaient encore en usage à l’époque comme noms de canard au Québec, en Acadie et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Mais à Terre-Neuve, comme en Normandie, paille-en-cul servait plutôt à désigner le labbe.

Taxonomie et nomenclature

Le générique paille-en-queue a eu largement cours dans la nomenclature technique à partir du 19e siècle et n’a été abandonné au profit du générique concurrent phaéton qu’à la fin du 20e siècleVoir notamment : Commission internationale des noms français des oiseaux (1993), Noms français des oiseaux du monde, nos 0233-0235..

Dans des noms composés

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

grand paille-en-queue, paille-en-queue à bec rouge, paille-en-queue éthéré : synonyme de phaéton à bec rouge*.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

paille-en-queue à bec jaune, paille-en-queue à brins blancs, petit paille-en-queue : synonyme de phaéton à bec jaune*.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

paille-en-queue à brins rouges, paille-en-queue à queue rouge, paille-en-queue blanc : synonyme de phaéton à brins rouges*.

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi, sous paille-en-cul, paille-en-queue.
  • Brasseur, Patrice (2001). Dictionnaire des régionalismes du français de Terre-Neuve, p. 329.
  • Brasseur, Patrice et Jean-Paul Chauveau (1990), Dictionnaire des régionalismes de Saint-Pierre et Miquelon, p. 486.
  • Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, volume 6, question 1487.
  • Donovan et Ouellet (1993).

Note(s)