Aller directement au contenu

troupiale

Genre

masculin

Prononciation

[tʀupjal]

Variante

(fin18e–début 20e siècle) rare troupial.

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

(18e–20e siècle) Passereau grégaire des régions tempérées et tropicales du continent américain, granivore et insectivore, de taille moyenne ou grande, à bec conique, allongé et pointu, dont le plumage (chez le mâle uniquement ou chez les deux sexes) présente un fort contraste de noir et de couleur vive (jaune, orangé, rouge).

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

La plupart des espèces précédemment appelées troupiales portent actuellement le nom de carouge ou d’oriole.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

ictéridé; passériforme.

Origine et histoire

Troupiale a été introduit dans la nomenclature ornithologique en 1760Brisson, Mathurin (1760). Ornithologie ou Méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, especes & leurs variétés, tome 2, p. 85 (GoogleLivres, 2019/02/09). par le naturaliste français M. Brisson lors de l’établissement des premières bases de la famille des ictéridés. La mention du nouveau terme est accompagnée de la note suivante : « Troupiale, nom qu’on donne en Amérique à quelques especes de ce genre ».

Si, à propos du terme cassique également introduit en 1760 pour désigner des oiseaux apparentés, Brisson avait signalé son emploi en Guyane, il ne donne aucune précision quant à la source américaine de troupiale.

On sait qu’une quinzaine d’années plus tôt (1745)Gumila, Joseph (1745). El Orinoco ilustrado y defendido. Historia natural, civil y geográfica de este gran río y de sus caudalosas vertientes, tome 2, p. 59 : « turpiales » (d’après Friederici)., le missionnaire espagnol J. Gumilla avait publié un ouvrage sur le bassin de l’Orénoque et sur ses populations autochtones, où il était question d’oiseaux nommées turpiales. Dans d’autres sources de la seconde moitié du 18e siècle portant sur la même région du nord-est de l’Amérique du Sud (Cisneros, 1764; Gilij, 1780)Cisneros, Joseph Luis de (1764). Descripción exacta de la provincia de Benezuela, p. 35 : « Turupiales »; Gilij, Filippo Salvatore (1780). Saggio di Storia Americana, o sia Storia Naturale, Civile, e Sacra De regni, e delle provincie Spagnuole di Terra-ferma nell' America meridionale, tome 1, p. 231 : « Il Turpiaru », et tome 4, p. 100-101 : « il Turpiale » (d’après Friederici)., on a aussi relevé dans le même emploi les appellations formellement apparentées turupial et turpiaru. Il est donc fort probable que l’origine du nouveau terme introduit par Brisson soit d’origine américaine (comme il le note lui-même), et plus précisément, d’origine autochtone, comme les trois noms sous lesquels l’oriole est connue en espagnol sud-américain (turupial, turpial et trupial). Troupiale découlerait d’un emprunt, vraisemblablement indirect, à une ancienne langue caraïbe de la région de l’Orénoque.

Brisson n’ayant pas suffisamment précisé l’origine de la dénomination troupiale, certains de ses successeurs comme le naturaliste R. P. Lesson (1829)Lesson, René Primevère (1829). Histoire naturelle générale et particulière des mammifères et des oiseaux découverts depuis 1788 jusqu’à nos jours. Histoire naturelle des oiseaux, p. 126. (GoogleLivres, 2019/02/09). ont suggéré qu’il s’agissait d’un dérivé de troupe, compte tenu du fait que les espèces appelées troupiales sont des « oiseaux qui vivent réunis en troupes ». Le genre masculin et la non-conformité du mot aux règles habituelles de dérivation du français permet de mettre en doute cette explication plus tardive qui, même si elle encore évoquée par certains dictionnaires, semble plutôt relever de l’étymologie populaire. On ne peut toutefois pas écarter la possibilité que troupiale résulte de l’altération, d’après troupe, de la forme turpiale attestée dès 1745, comme le suggère le Dictionnaire culturel de la maison Robert. Mais il est également possible que troupiale soit issu d’une variante du mot caraïbe autre que turpiale.

Dans son traité d’ornithologie de 1760, Brisson a adopté troupiale à la fois comme le nom spécifique de l’oriole troupiale, comme un large taxon générique (le « genre du Troupiale » comptait une trentaine d’espèces) et comme une base générique plus restreinte (seule la moitié des noms de ces espèces commençaient par la base troupiale, les autres espèces portant plutôt le nom de cassique, de carouge ou de Baltimore).

Les naturalistes suivants prendront quelque distance par rapport au classement et à la terminologie de Brisson, et réduiront progressivement l’extension d’emploi du terme troupiale, qui sera rapidement réservé à des espèces américaines et qui reculera au profit d’autres génériques, notamment oriole et carouge.

Taxonomie et nomenclature

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Troupiale comme élément générique.

Comme la Commission internationale des noms français des oiseaux au début des années 1990Commission internationale des noms français des oiseaux (1993). Noms français des oiseaux du monde, nos 9882-9884., le portail ornithologique Oiseaux.net continue à utiliser troupiale, comme élément générique, pour dénommer trois espèces sud-américaines de passériformes de la famille des ictéridés, associées aux genre Pseudoleistes et Amblyramphus. Dans les bases ornithologiques Avibase et Birds of the World, qui n’utilisent plus ce générique, ces espèces portent le seul nom de carouge.

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Troupiale comme élément spécifique.

Par ailleurs, troupiale se maintient comme élément spécifique dans le binominal oriole troupiale, qui désigne l’espèce sud-américaine scientifiquement dénommée Icterus icterus à partir de laquelle M. Brisson a élaboré le « genre du Troupiale », au milieu du 18e siècle.

Dans des noms composés

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Exemples de noms anciens du Carouge à épaulettes* :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

troupiale à ailes rouges (Brisson, 1760)Brisson, Mathurin (1760). Ornithologie ou Méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, especes & leurs variétés, tome 2, p. 97 (GoogleLivres, 2022/02/10)..

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

troupiale commandeur (19e siècle). [voir : commandeur.]

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi
  • FEW 20 trupial, p. 82b.
  • Le Robert. Dictionnaire culturel en langue française (2005).
  • Robert Historique (1992), sous troupeau.
  • Calcano, Julio, El castellaño en Venezuela. Estudo critico, 1897, p. 554, no 1046 : « Turpial, turupial o trupial (del tamanaco turpiara » (GoogleLivres, 2019/02/09).
  • Corominas, Joan et coll. (1980). Diccionario crítico etimológico castellano et hispánico, sous trupial (mes remerciements à A. Parenti et à A. Thibault pour l’accès à cette source).
  • Friederici, Georg (1947). Amerikanistisches Wörterburg, p. 627 (mes remerciements à A. Thibault pour la traduction).
  • Real Academia Española. Diccionario de la lengua española, sous turpial (dle.rae.es, 2019/02/09).

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • Oiseaux.net

Note(s)