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alouette

Genre

féminin

Prononciation

[alwɛt], [aluwɛt]

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Passereau des milieux ouverts, principalement répandu en Afrique et en Eurasie, granivore, insectivore et de mœurs terrestres, de taille petite ou moyenne, à plumage brunâtre ou grisâtre (partiellement strié) avec le ventre clair, qui est muni d’ongles particulièrement longs, surtout au doigt postérieur, et dont le mâle est connu pour émettre en vol un chant plus ou moins mélodieux selon les espèces.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

De nos jours, le mot alouette (employé sans autre spécification) sert généralement à désigner l’Alouette des champs en contexte européen et l’Alouette hausse-col en contexte nord-américain. Aux 19e et 20e siècles, dans ces contextes respectifs, on a aussi donné le nom technique d’alouette ordinaire à ces deux espèces.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus restreint.

ammomane, calandre, calandrelle, cochevis, hoche-queue, lulu, moinelette, sirli.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

alaudidé; passériforme.

Autre(s) nom(s) étroitement associés au mot-entrée.

(pour exprimer le cri) grisoller.

Définition (emploi secondaire du mot-entrée).

Qc/Ca (17e–20e siècle) Par analogie Nom générique servant à désigner les bécasseaux et les petits échassiers de rivage similaires (chevaliers, pluviers, etc.).

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn. : alouette de mer.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

scolopacidé; charadriiforme.

Origine et histoire

Attestée depuis la fin du 12e siècle, d’abord sous la forme aloe(e)te, cette dénomination dérive par l’ajout du suffixe diminutif -ette de l’ancien français aloe, de même sens, qui est lui-même issu d’alauda, un mot latin d’origine gauloiseSelon le Trésor de la langue française, « Le lat[in] a surtout connu et empr[unté] le mot [gaulois] lorsque César recruta en 50 av[ant] J.-C. chez les Gaulois transalpins une légion à laquelle il donna le nom d’Alauda. »

D’abord utilisé comme nom spécifique de l’Alouette des champs, le mot alouette a rapidement servi, comme base générique, à former des noms composés désignant des espèces voisines ou similaires, comme le signale P. Belon du Mans dès 1555 à propos du Pipit farlouseBelon du Mans, Pierre (1555). L’histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions, & naïfs portraicts retirez du naturel, p. 271-272 (GoogleLivres, 2025/11/20). et d’un oiseau de rivage appelé alouette de merIbidem, p. 217. :

De la Farlouse, Fallope, ou Alouëtte de pré. […] Nous cognoissons un oyseau moult ressemblant à une Alouëtte, excepté qu’il est de petite corpulence, lequel les habitants des confins des plaines de France nomment une Farlouse, ou Fallope : les autres Alouëtte de pré. Car il n’y a difference sinon en la seule grandeur, comme aussi quelque peu en couleur […]. On la nomme Alouëtte de prés pource que les villageois la trouvent tousjours faisant son nid en l’herbe des prés.

De l’Alouëtte de mer. […] Les Françoys voyant un petit oysillon vivre le long des eaux, & principalement es lieux marescageux pres la mer, & estre de la corpulence d’une Alouëtte, au moins quelque peu plus grandet, n’ont sceu luy trouver appellation plus propre, que de le nommer Alouëtte de mer […]. 

Source de la citation : Belon du Mans, 1555

Au cours du 19siècle, dans la langue technique, les naturalistes ont progressivement limité l’emploi du générique simple alouette aux seuls noms des espèces de la famille des alaudidés et abandonné le générique composé alouette de mer pour désigner les petits oiseaux de rivage. Mais cette dernière dénomination se maintient toujours dans la langue générale comme appellation usuelle de ces petits échassiers (voir ce mot).

Par ailleurs, l’emploi nord-américain du seul mot alouette comme équivalent d’alouette de mer remonte au début de l’époque coloniale. Il est clairement attesté dès la seconde moitié du 17e siècle dans les relations de la Nouvelle-France, comme on peut le constater dans l’extrait suivant de l’Histoire naturelle de l’Amerique septentrionale de N. Denys (1672)Denys, Nicholas (1672). Histoire naturelle des peuples, des animaux, des arbres & plantes de l'Amerique septentrionale, & de ses divers climats, tome 2, p. 306 (biodiversitylibrary.org, 2025/11/21).  :

Il y a des Allouëttes de trois façons, les plus grosses, sont de la grosseur d’un gros merle grisette, elles ont les pieds longs: d'autres qui ne sont gueres moins grosses ont le bec plus long, d'autres comme des moineaux, & de petits pinçons; tout ce gibier-là va en bande toûjours sur le bord de l'eau, où il y a de la greve […].

Source de la citation : Denys, 1672

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique alouette sert à dénommer près de quatre-vingt espèces de passériformes de la famille des alaudidés répartis dans une vingtaine de genres dont les principaux (quatre espèces ou plus) sont : Alauda, Alaudala, Calandrella, Calendulauda, Certhilauda, Corypha, Melanocorypha, Mirafra, Plocealauda et Spizocorys.

Dans des noms composés

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Seule espèce commune à l’Eurasie et à l’Amérique du Nord, présente dans le nord de l’Europe :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette hausse-col*, (seconde moitié du 20e siècle, dans la nomenclature nord-américaine) alouette cornue [Eremophila alpestris] : espèce à gorge jaune ou blanchâtre, qui est marquée d’un croissant noir sur les joues et d’une large bande noire à la poitrine, et dont la tête est surmontée de deux courtes aigrettes. [syn. : hausse-colQc/Ca vieux ortolan.]

Remarque complémentaire relative à la sous-entrée.

À époque plus ancienne, cette alouette a aussi été désignée sous les noms d’alouette de VirginieVoir notamment : Buffon, Georges-Louis Leclerc de, et coll. (1778). Histoire naturelle des oiseaux, tome 5, p. 55 : « Le Hausse-col noir ou l’Alouette de Virginie » (GoogleLivres, 2025/11/20); Dionne, Charles-Eusèbe (1883). Les Oiseaux du Canada, p. 22. et d’alouette ordinaire (voir ci-dessus).

Remarque complémentaire relative à la sous-entrée.

Au 18e et 19e siècles, on signale en France (notamment dans la Beauce)Salerne, François (1767). L’histoire naturelle, éclaircie dans une de ses parties principales, l’ornithologie, p. 194 (GoogleLivres, 2025/11/20). l’emploi de l’appellation alouette cornue pour désigner le Cochevis huppé.

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Principales autres espèces présentes en Europe : 

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette calandre* [Melanocorypha calandra] : grande alouette présente depuis le bassin méditerranéen jusqu’au Moyen Orient, d’aspect robuste et à bec fort, à dessus brunâtre et à ventre clair, dont les yeux sont cerclés de blanc et dont la base du cou est marquée d’un demi-collier noir surmonté d’une ligne claire. [voir : calandre.]

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette calandrelle* [Calandrella brachydactyla] : petite alouette brunâtre présente dans le sud de l’Europe, qui fréquente principalement les milieux chauds et secs de l’Eurasie et du nord de l’Afrique. [syn. : (19e siècle) alouette des sablesvoir : calandrelle.]

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette de sablealouette des sables, alouette du désert : (19e–20e siècle) noms donnés à des alouettes des milieux arides ou désertiques (notamment à l’Alouette calandrelle*, à l’Ammomane isabelline* et au Sirli du désert*).

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette des champs*alouette commune, alouette ordinaire (18e–20e siècle) [Alauda arvensis] : espèce commune d’Eurasie, à tête surmontée d’une courte huppe, à dos et à poitrine finement striés, dont le mâle est connu pour le chant long, mélodieux et varié qu’il émet en vol.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette huppéegrande alouette huppée : (18e–20e siècle) synonymes de cochevis huppé*.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette lulu*, alouette de bois (18e–19e siècle),  alouette des bois (19e–20e siècle) [Lullula arborea] : alouette des milieux ouverts et partiellement boisés d’Eurasie et d’Afrique du Nord, de taille plus petite et à queue plus courte que l’Alouette des champs, qui est marquée à la tête d’un long sourcil blanc, qui présente en vol une tache alaire noire bordée de blanc et dont le mâle a la particularité de chanter soit en vol ou perché au sommet d’un arbre. [syn. : cujelier ou cugelier (voir : lulu).]

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Vieilli Dans des noms d’oiseaux d’aspect ou de taille similaire : 

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette de mer (voir cet article).

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

alouette de pré (16e–19e siècle), alouette des prés (18e–début 20e siècle) : synonyme de pipit farlouse*.

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi 
  • FEW 24 alauda, p. 291b.
  • Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, vol. 6, question 1497 « Oiseaux des rivages (terme générique) », 1503, « Maubèche tachetée », 1531 « Alouette cornue ».
  • Fonds documentaires du Trésor de la langue française au Québec (tlfq.org, 2025/11/20).
  • Cabard (2022), p. 320.
  • Donovan et Ouellet (1993).
  • Hageman (2000), p. 73.

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • eBird
  • Oiseaux.net

Note(s)