colibri
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Très petit oiseau du continent américain, à plumage généralement de couleurs vives (à dominante de vert et à reflets irisés), à pattes courtes et à bec fin très long (droit ou courbé), qui se nourrit principalement de nectar de fleurs qu’il aspire en volant sur place, et dont les très rapides battements d’ailes produisent un bourdonnement.
Dans la nomenclature actuelle, le terme colibri ne sert à dénommer qu’un sous-ensemble d’espèces de la famille des trochilidés, soit un peu plus du tiers. Les noms des autres espèces sont basés sur des termes génériques de portée plus restreinte :
ariane, bec-en-faucille, brillant, campyloptère, coquette, dryade, émeraude, érione, ermite, haut-de-chausses, héliange, inca, loddigésie, mango, métallure, porte-lance, porte-traîne, saphir, sylphe.
Au Québec, le mot colibri utilisé sans autre spécification fait généralement référence au Colibri à gorge rubis.
Dans certaines régions de la francophonie (océan Indien et Afrique de l’Ouest notamment), le mot colibri est aussi utilisé, par extension, pour désigner le souimanga.
syn. : oiseau-mouche (sauf dans la terminologie aviaire des 18e et 19e siècles; voir ci-dessous).
syn. : À partir de la fin du 17e siècle et jusqu’au 19e siècle, les ouvrages de référence français (dictionnaires et traités d’ornithologie) mentionnent divers autres synonymes généralement associés aux parlers créoles : (par allusion au bourdonnement produit par le vol du colibri; cp. l’anglais hummingbird) oiseau abeille, oiseau bourdonnant, oiseau froufrou, oiseau murmure; (par allusion à son mode d’alimentation; cp. l’espagnol chupaflor) suce-fleur.
syn. : Au 20e siècle, dans les parlers nord-américains, le colibri était aussi connu sous divers autres synonymes, dont (petit) oiseau à fleurs
Origine et histoire
C’est dans des relations du milieu du 17e siècle décrivant l’établissement des Français dans les Antilles (Bouton, 1640; Rochefort, 1658; du Tertre, 1667)
[…] il y a aussi en ce pays [= La Martinique] comme au Canada
Quelques années plus tôt, G. Sagard avait décrit un oiseau canadien similaire sous le nom d’oiseau mouche (voir ce mot). , certains petits oysillons d’un très-beau plumage, qui vivent de fleurs aussi bien que les abeilles : nous les appelons colibry, c’est le mot des Sauvages [= Autochtones], qui signifie oyseau, que nous avons affecté particulierement à celui-cy; on en apporte de mor[t]s en France.
Source de la citation : Bouton, 1640
Même si le contexte était favorable à l’emprunt d’une dénomination locale, l’origine autochtone (caraïbe
À la même époque, dans les relations relatives à la Nouvelle-France, le colibri était décrit sous un tout autre nom, celui d’oiseau-mouche. Colibri et oiseau-mouche désignaient le même type d’oiseau, mais étaient associés à deux régions coloniales différentes.
Lorsque le naturaliste M. Brisson a établi les bases de la nomenclature aviaire française au début de la seconde moitié du 18e siècle (1760)
colibri […] Très petit oiseau que le vulgaire confond avec l’oiseau-mouche, tandis que pour le zoologiste l’oiseau-mouche et le colibri appartiennent à deux genres différents.
Source de la citation : Dictionnaire de la langue française (É. Littré), 1863
Si, depuis le 17e siècle, le nom de colibri est principalement appliqué à des espèces de la famille américaine des trochilidés, il est également utilisé par extension dans certaines régions de la francophonie (Afrique de l’Ouest, Océan Indien)
Ces deux familles [de colibris] ont encore été confondues par beaucoup de Voyageurs, d’après la beauté de leurs plumes, leur nourriture, et la manière de se la procurer, avec les Grimpereaux d’Afrique (Soui-mangas); mais ces derniers sont aisés à reconnoître à leur bec plus effilé et formant un angle plus aigu, à la longueur de leurs pieds, et au nombre des pennes de la queue, qui est de douze, et de dix dans les Colibris.
Source de la citation : Vieillot, 1802
Taxonomie et nomenclature
Dans la nomenclature actuelle, le générique colibri sert à dénommer plus de cent quarante espèces d’apodiformes de la famille des trochilidés réparties dans plus de soixante-dix genres, dont les genres principaux (5 espèces et plus) sont : Chaetocercus, Colibri, Lampornis, Oreotrochilus et Selasphorus.
La famille des trochilidés compte plus de deux cents autres espèces distribuées dans une quarantaine d’autres genres auxquels sont associés d’autres génériques de moindre extension énumérés plus haut.
Dans des noms composés
Petites espèces à dos vert métallique, à dessous blanchâtre et à bec droit présentes au Canada :
colibri à gorge rubis* [Archilochus colubris] : espèce largement répandue dans l’est de l’Amérique du Nord, à gorge d’une rouge brillant chez le mâle.
colibri calliope* [Selasphorus calliope] : très petite espèce présente dans les régions montagneuses de l’ouest du Canada et des États-Unis, dont la gorge du mâle est ornée de rayons de plumes magenta érectiles.
colibri roux* [Selasphorus rufus] : espèce largement répandue dans l’ouest du continent américain, dont le plumage est à dominante de roux chez le mâle.
Références et notes
Source(s) métalinguistique(s)
- TLFi
- Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, vol. 6, questions 1517 « Colibri à gorge rubis ou oiseau-mouche ».
- Fonds documentaires du Trésor de la langue française au Québec (ilq.tlfq.org, 2025/03/05).
- Donovan et Ouellet (1993).
- Jobling, J. A., Key to Scientific Names in Ornithology, sous Colibri et Colubris (birdsoftheworld.org, 2025/03/05).
Base(s) ornithologique(s) de référence
Date de consultation :
- Avibase
- Birds of the World
- eBird
- Oiseaux.net