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colibri

Genre

masculin

Prononciation

[kɔlibʀi]

Graphie

D’abord écrit colibry (graphie en usage jusqu’au 18e siècle).

Variante

(Début 18e siècle) Parfois colubri.Peut-être par rapprochement avec le latin cŏlŭber, cŏlŭbrī, « couleuvre, serpent ». Voir notamment : Seba, Albertus,(1734). Locupletissimi rerum naturalium thesauri accurata descriptio, tome 1, p. 61 et 110 (biodiversitylibrary.org, 2025/03/05).

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Très petit oiseau du continent américain, à plumage généralement de couleurs vives (à dominante de vert et à reflets irisés), à pattes courtes et à bec fin très long (droit ou courbé), qui se nourrit principalement de nectar de fleurs qu’il aspire en volant sur place, et dont les très rapides battements d’ailes produisent un bourdonnement.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Dans la nomenclature actuelle, le terme colibri ne sert à dénommer qu’un sous-ensemble d’espèces de la famille des trochilidés, soit un peu plus du tiers. Les noms des autres espèces sont basés sur des termes génériques de portée plus restreinte :

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus restreint.

ariane, bec-en-faucille, brillant, campyloptèrecoquette, dryade, émeraude, érione, ermite, haut-de-chausses, héliange, inca, loddigésie, mango, métallure, porte-lance, porte-traîne, saphir, sylphe.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Au Québec, le mot colibri utilisé sans autre spécification fait généralement référence au Colibri à gorge rubis.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Dans certaines régions de la francophonie (océan Indien et Afrique de l’Ouest notamment), le mot colibri est aussi utilisé, par extension, pour désigner le souimanga.

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn. : oiseau-mouche (sauf dans la terminologie aviaire des 18e et 19e siècles; voir ci-dessous).

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn. : À partir de la fin du 17e siècle et jusqu’au 19e siècle, les ouvrages de référence français (dictionnaires et traités d’ornithologie) mentionnent divers autres synonymes généralement associés aux parlers créoles : (par allusion au bourdonnement produit par le vol du colibri; cp. l’anglais hummingbird) oiseau abeille, oiseau bourdonnant, oiseau froufrou, oiseau murmure; (par allusion à son mode d’alimentation; cp. l’espagnol chupaflor) suce-fleur.

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn: Au 20e siècle, dans les parlers nord-américains, le colibri était aussi connu sous divers autres synonymes, dont (petit) oiseau à fleursEn 1635, dans sa Relation de la Nouvelle France (p. 164), le jésuite Paul Le Jeune mentionne l’appellation oiseau fleur : « Le quatriéme [oiseau] se’ nomme dé nos François l’oiseau mouche, […] d’autres l’appellent l’oiseau fleur, pource qu’il se nourrit sur les fleurs » (canadiana.ca, 2025/03/15). (principalement dans l’ouest du Québec) et suce-fleur (surtout en Louisiane).

Origine et histoire

C’est dans des relations du milieu du 17e siècle décrivant l’établissement des Français dans les Antilles (Bouton, 1640; Rochefort, 1658; du Tertre, 1667)Bouton, Jacques (1640). Relation de l'establissement des François depuis l'an 1635 en l'isle de la Martinique, p. 73 (gallica.bnf.fr, 2025/03/16). Rochefort, Charles de (1658). Histoire naturelle et morale des iles Antilles de l'Amerique, p. 160-161 (biodiversitylibrary.org, 2025/03/16). Du Tertre, Jean-Baptiste (1667). Histoire générale des Antilles habitées par les François, tome 2, p. 246 (colibry), 262 et suivantes (colibri) (GoogleLivres, 2025/03/16). qu’on relève les premières mentions du mot colibri, alors généralement écrit colibry. Dans la plus ancienne d’entre elles, relative à la Martinique, colibry est présenté comme un mot autochtone :

[…] il y a aussi en ce pays [= La Martinique] comme au CanadaQuelques années plus tôt, G. Sagard avait décrit un oiseau canadien similaire sous le nom d’oiseau mouche (voir ce mot)., certains petits oysillons d’un très-beau plumage, qui vivent de fleurs aussi bien que les abeilles : nous les appelons colibry, c’est le mot des Sauvages [= Autochtones], qui signifie oyseau, que nous avons affecté particulierement à celui-cy; on en apporte de mor[t]s en France. 

Source de la citation : Bouton, 1640

Même si le contexte était favorable à l’emprunt d’une dénomination locale, l’origine autochtone (caraïbeDans son Histoire naturelle des oiseaux (tome 6, 1779, p. 41), G.‑L. Leclerc de Buffon lui attribue une origine caraïbe : « [le nom] de colibri est pris de la langue des Caribes » (GoogleLivres, 2025/03/04). L’hypothèse est toujours mentionnée dans le dictionnaire étymologique de J. A. Jobling : « (supposedly based on a Carib word ) »., galibi ou autre) de colibri n’a pas pu être démontrée. La source de l’appellation demeure obscureLe Trésor de la langue française mentionne une seconde hypothèse (peu convaincante) selon laquelle il pourrait s’agir d’une forme dérivée de l’occitan colobro, colubro « couleuvre », introduite aux Antilles par les colons français. Dans leur Dictionnaire étymologique des noms des oiseaux du Canada (1993), L. D. Donovan et H. Ouellet suggèrent également une dérivation du latin cŏlŭber, cŏlŭbrī « serpent »..

À la même époque, dans les relations relatives à la Nouvelle-France, le colibri était décrit sous un tout autre nom, celui d’oiseau-mouche. Colibri et oiseau-mouche désignaient le même type d’oiseau, mais étaient associés à deux régions coloniales différentes.

Lorsque le naturaliste M. Brisson a établi les bases de la nomenclature aviaire française au début de la seconde moitié du 18e siècle (1760)Brisson, Mathurin (1760). Ornithologie ou Méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, especes & leurs variétés, tome 3, p. 666 et suivantes (GoogleLivres, 2025/03/05)., il a arbitrairement départagé l’ensemble des espèces connues de type colibri en deux genres distincts basés sur la forme de leur bec. Les espèces à bec recourbé ont été décrites sous le nom de colibri et celles à bec droit sous celui d’oiseau-mouche. Reprise par ses successeurs jusqu’au 19e siècle, cette distinction propre à la langue française a largement été diffusée par les dictionnaires de langue avant d’être abandonnée :

colibri […] Très petit oiseau que le vulgaire confond avec l’oiseau-mouche, tandis que pour le zoologiste l’oiseau-mouche et le colibri appartiennent à deux genres différents. 

Source de la citation : Dictionnaire de la langue française (É. Littré), 1863

Si, depuis le 17e siècle, le nom de colibri est principalement appliqué à des espèces de la famille américaine des trochilidés, il est également utilisé par extension dans certaines régions de la francophonie (Afrique de l’Ouest, Océan Indien)Voir : Inventaire des particularités lexicales de français en Afrique noire, sous la supervision de Danielle Latin, tome 2, 1982; Cheke, Antony (1982). Les noms créoles des oiseaux dans les îles francophones de l’Océan Indien (essai ethno-ornithologique), p. 33 (GoogleLivres, 2025/03/04). pour désigner les souimangas qui présentent de nombreuses similitudes (d’aspect et de comportement) avec les colibrisDans la dernière édition (9e) du Dictionnaire de l’Académie française, l’exemple qui suit la définition de colibri vient illustrer implicitement le maintien actuel de l’emploi élargi de ce nom : « Les colibris, également appelés oiseaux-mouches, vivent en Amérique et en Afrique tropicales. ». On relève une première attestation très ancienne de cette extension d’emploi dans une relation de voyage à Madagascar publiées au milieu du 17e siècle (Cauche, 1651)Cauche, François (1651). « Relation du voyage que François Cauche de Roüen a fait en l'Isle de Madagascar, autrement saint Laurent, isles adiacentes et costes d'Afrique », Relations véritables et curieuses de l'isle de Madagascar et du Brésil, p. 137 (gallica.bnf.fr, 2025/03/04).. Et en 1802 dans son Histoire naturelle et générale des colibrisVieillot, Louis Pierre (1802). Histoire naturelle et générale des colibris, oiseaux-mouches, jacamars et promerops, p. 56 (biodiversitylibrary,org, 2025/03/16)., L. P. Vieillot faisait encore état d’un usage élargi de colibri :

Ces deux familles [de colibris] ont encore été confondues par beaucoup de Voyageurs, d’après la beauté de leurs plumes, leur nourriture, et la manière de se la procurer, avec les Grimpereaux d’Afrique (Soui-mangas); mais ces derniers sont aisés à reconnoître à leur bec plus effilé et formant un angle plus aigu, à la longueur de leurs pieds, et au nombre des pennes de la queue, qui est de douze, et de dix dans les Colibris

Source de la citation : Vieillot, 1802

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique colibri sert à dénommer plus de cent quarante espèces d’apodiformes de la famille des trochilidés réparties dans plus de soixante-dix genres, dont les genres principaux (5 espèces et plus) sont : Chaetocercus, Colibri, Lampornis, Oreotrochilus et Selasphorus.

La famille des trochilidés compte plus de deux cents autres espèces distribuées dans une quarantaine d’autres genres auxquels sont associés d’autres génériques de moindre extension énumérés plus haut.

Dans des noms composés

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Petites espèces à dos vert métallique, à dessous blanchâtre et à bec droit présentes au Canada :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

colibri à gorge rubis* [Archilochus colubris] : espèce largement répandue dans l’est de l’Amérique du Nord, à gorge d’une rouge brillant chez le mâle.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

colibri calliope* [Selasphorus calliope] : très petite espèce présente dans les régions montagneuses de l’ouest du Canada et des États-Unis, dont la gorge du mâle est ornée de rayons de plumes magenta érectiles.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

colibri roux* [Selasphorus rufus] : espèce largement répandue dans l’ouest du continent américain, dont le plumage est à dominante de roux chez le mâle.

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi
  • Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, vol. 6, questions 1517 « Colibri à gorge rubis ou oiseau-mouche ».
  • Fonds documentaires du Trésor de la langue française au Québec (ilq.tlfq.org, 2025/03/05).
  • Donovan et Ouellet (1993).
  • Jobling, J. A., Key to Scientific Names in Ornithology, sous Colibri et Colubris (birdsoftheworld.org, 2025/03/05).

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • eBird
  • Oiseaux.net

Note(s)