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émeraude

Genre

féminin

Prononciation

[emʀod]

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Petit colibri d’Amérique tropicale (présent dans divers milieux depuis le Mexique et les Antilles jusqu’en Bolivie et en Argentine), à bec droit, noir ou rouge avec la pointe noire, et dont le plumage d’un vert éclatant présente des reflets bleutés, dorés ou bronzés.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

colibri.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

trochilidé; apodiforme.

Origine et histoire

À la fin du 18e siècle (1779)Buffon, Georges-Louis Leclerc de, et coll. (1779). Histoire naturelle des oiseaux, tome 6, p.  27-28 « L’Émeraude-améthiste [sic] ». (GoogleLivres, 2025/03/18)., George-Louis Leclerc de Buffon a été le premier naturaliste à utiliser des noms de couleurs de pierres précieuses pour dénommer diverses espèces de colibris (voir sous saphir). Il a notamment décrit sous l’appellation d’émeraude-améthyste l’espèce connue aujourd’hui sous le nom d’émeraude de Porto-Rico (Riccordia maugaeus).

Il n’y a toutefois pas de lien direct entre l’utilisation ancienne d’émeraude par Buffon et son emploi actuel comme appellation générique d’une quinzaine d’espèces de colibris. Cet emploi générique n’a été introduit en français que dans le dernier quart du 20e siècleVoir notamment : Ouellet, Henri, Michel Gosselin et Jean-Pierre Artigau (1990). Nomenclature française des oiseaux d’Amérique du Nord, nos 816-821; Commission internationale des noms français des oiseaux (1993). Noms français des oiseaux du monde, nos 3133-3145., à la suggestion de l’ornithologue belge P. Devillers (1977)Devillers, Pierre (1977). « Projet de nomenclature française des oiseaux du monde », dans Le Gerfaut/De Gievalk, no 67, p. 348.. Il résulte du calque du générique technique anglais emerald associé aujourd’hui aux mêmes espèces (dont celles du genre Chlorostilbon), qui a été adopté par le naturaliste J. Gould (1861)Gould, John (1861). A monograph of the Trochilidæ, or family of humming-birds, vol. 5 (d’abord paru périodiquement entre 1860 et 1861), texte des planches 292-302 et 350-358 (biodiversitylibrary.org, 2025/03/20). dès le milieu du 19e siècle.

Il est possible que Gould ait emprunté le mot à la nomenclature du naturaliste français R. P. Lesson qui, quelques décennies plus tôt (circa 1831)Lesson, René Primevère (circa 1831). Les trochilidées ou les colibris et oiseaux-mouches, suivis d’un index général, p. xxv « xviie race. – Les émeraudes. (Basilinna, Boié.) » (biodiversitylibrary.org, 2025/03/20)., avait donné le nom d’émeraudes à l’une de ses nombreuses subdivisions (« races ») de colibris, mais il n’y avait pas de véritable correspondance entre la valeur d’émeraude chez Lesson et celle d’emerald chez Gould.

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique émeraude sert à désigner plus d’une quinzaine d’espèces d’apodiformes de la famille des trochilidés classées dans les genres Chlorostilbon (genre principal), Cynanthus et Riccordia. Ces deux derniers genres contiennent aussi des espèces dénommées à partir du générique colibri.

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi, sous émeraude II. (Subst. masc.) [L’indication de genre (masculin) donnée par le TLF pour l’emploi d’émeraude comme terme aviaire n’est pas confirmée par notre documentation. Dans l’exemple cité de Dumont d’Urville, émeraudes ne semble correspondre qu’à un emploi tronqué de paradisiers émeraudes.]
  • Myers, Susan (2022). The Bird Name Book, sous emerald.

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • eBird
  • Oiseaux.net

Note(s)