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ermite

Genre

masculin

Prononciation

[ɛʀmit]

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Colibri de l’intérieur des forêts du bassin amazonien, de taille variable, à bec relativement long et généralement incurvé, à plumage peu lustré et de coloris plutôt sobre (à dominante de vert grisé ou de roux orangé), dont la tête présente sur l’œil un bandeau noir bordé de deux lignes claires et dont la queue, chez la plupart des espèces, est prolongée de deux plumes centrales à bout blanc.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

colibri.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

trochilidé; apodiforme.

Origine et histoire

L’emploi d’ermite pour dénommer des colibris résulte du calque du terme anglais hermit que le naturaliste britannique J. Gould avait adopté comme générique technique dès le milieu du 19e siècle pour désigner les espèces des genres Glaucis et Phaethornis. Comme le mot ermite en français, hermit sert d’abord à désigner une personne qui mène une vie simple, à l’écart du monde. Dans l’introduction de sa monographie consacrée aux colibris (circa 1850)Gould, John (1861). A monograph of the Trochilidæ, or family of humming-birds, vol. 1 (d’abord paru périodiquement entre 1849 et 1852), texte des planches 5 et suivantes  (biodiversitylibrary.org, 2025/03/09)., Gould évoque brièvement la raison pour laquelle une telle appellation a été appliquée à ces espèces :

Of the members of the genus Phaëtornis, a group of Humming-Birds, popularly known by the name of Hermits, from their frequenting the darkest and most retired parts of the forest, three-fourths are natives to Brazil.Ibidem, p. xv : (ma traduction) « Parmi les membres du genre Phaëtornis, un groupe de colibris communément connus sous le nom d’Ermites, en raison de leur fréquentation des parties les plus sombres et les plus retirées de la forêt, les trois quarts sont originaires du Brésil. ». Passage cité dans Myers 2022. Voir aussi p. xxxvi : « [They] are remarkable for being destitute of metallic brilliancy, and, as their trivial name of “hermits” implies, for affecting dark and gloomy situations. They constitute, perhaps, the only group […] which frequent the interior of the forests […]. »; (ma traduction) « [Les espèces du genre Phaëtornis et des genres voisins] se démarquent par l’absence de lustre métallique et, comme leur nom commun d’"ermites" l’indique, par leur préférence pour les lieux sombres et mornes. Ils constituent peut-être le seul groupe […] qui fréquente l’intérieur des forêts […]. »

Source de la citation : Gould, circa 1850

C’est sans doute ce qui explique qu’à la même époque dans la nomenclature scientifique latine, on relève l’emploi par le naturaliste allemand L. Reichenbach (1854)Reichenbach, H. G. Ludwig [Ludovico] (1855). Trochilinarum enumeratio : ex affinitate naturali reciproca primum ducta provisoria, p. 11 (biodiversitylibrary.org, 2025/03/09). du générique Eremita pour désigner un genre voisin du genre Phaetornis.

C’est en 1977Devillers, Pierre (1977). « Projet de nomenclature française des oiseaux du monde », dans Le Gerfaut/De Gievalk, no 67, p. 346-347 et 359 : « j’ai parfois […] adapté un nom générique étranger lorsque cette adaptation était aisée et immédiate (Ermite, Dryade, Brillant) »., dans son Projet de nomenclature française des oiseaux du monde, que l’ornithologue belge P. Devillers a proposé l’adoption d’ermite comme générique français. L’usage de ce terme est établi depuis les années 1990Ouellet, Henri, Michel Gosselin et Jean-Pierre Artigau (1990). Nomenclature française des oiseaux d’Amérique du Nord, nos 782-788; Commission internationale des noms français des oiseaux (1993). Noms français des oiseaux du monde, nos 3048-3076..

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique ermite sert à dénommer une trentaine d’espèces d’apodiformes de la famille des trochilidés classées dans cinq genres : Phaethornis (qui regroupe la plupart des espèces), Anopetia, Glaucis , Ramphodon et Threnetes.

Note(s)