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flamant

Genre

masculin

Prononciation

[flamɑ̃]

Graphie

On a aussi écrit flammant, flaman ou flamand.

Variante

(16e–17e siècle) flambant.

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Grand oiseau des régions chaudes et tempérées, de type échassier, à plumage d’un rose plus ou moins vif, à pattes grêles et palmées, à cou long et souple, et à gros bec arqué vers le bas, qui vit en larges colonies dans les lagunes et les zones littorales où il se nourrit d'insectes et de crustacés en filtrant l’eau et la vase avec son bec.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Dans la langue générale, le nom composé flamant rose est souvent perçu comme une dénomination générique synonyme de flamant. Pour son emploi dans la langue technique, voir ci-dessous.

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn. : phénicoptère; (17e–19e siècle) bécharu.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

phœnicoptéridé; phœnicoptériforme.

Origine et histoire

Attesté en français depuis le milieu du 16e siècle, flamant est issu par emprunt de flamen(c), le nom provençal de ce type d’oiseau qui, en France, ne fréquente que la zone méridionale. Selon le Trésor de la langue française, flamenc serait dérivé de flamma « flamme » (par ajout du suffixe d’origine germanique -enc) et ferait référence à la couleur vive des ailes du flamant.

Chez F. RabelaisRabelais, François (1553). Le quart livre des faicts & dictz heroiques du bon Pantagruel, [texte] nouvellement reveu & corrigé par ledict autheur, pour la deuxiesme edition, p. 177-178 (GoogleLivres, 2021/11/15). qui en fournit les premières attestations, le mot est orthographié flammant, avec un double m, graphie qui dominera jusqu’au début du 19e siècle et ne sortira progressivement de l’usage qu’au siècle suivant.

Et estoit le pennaige rouge cramoysi, comme est d’un Phœnicoptere : qui en Langueguoth [= Languedoc] est appellé Flammant

Source de la citation : Rabelais, 1553

Si quelques auteurs du 17e siècle écrivent flaman ─ c’est la graphie retenue dans le dictionnaire de Richelet (1690) ─, les premières occurrences de la graphie actuelle flamant ne datent que du milieu du 18e siècle. On la relève notamment, comme seule forme utilisée, chez les naturalistes P. Barrère (1741)Barrère, Pierre (1741). Essai sur l'histoire naturelle de la France équinoxiale, p. 126 et 140 (biodiversitylibrary.org, 2021/11/14). et M. Brisson (1760)Brisson, Mathurin (1760). Ornithologie ou Méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, especes & leurs variétés, tome 6, p. 532-533 (GoogleLivres, 2021/11/14).. Les grands dictionnaires français n’ont adopté cette graphie qu’à partir de la sixième édition du Dictionnaire de l’Académie (1835).

Le TLF signale en outre l’emploi au 19e siècle, notamment dans les Leçons d’anatomie comparée de G. Cuvier (1805)Cuvier, George. (1805). Leçons d’anatomie comparée, tome 3, p. 196 (GoogleLivres, 2021/11/17)., de la variante flamand. Cette variante avait déjà été critiquée par G.-L. Leclerc de Buffon dans son Histoire naturelle des oiseaux (1781)Buffon, Georges-Louis Leclerc de, et coll. (1781). Histoire naturelle des oiseaux, tome 8, p. 476-477 (GoogleLivres, 2021/11/14). :

Nos plus anciens Naturalistes françois prononçoient flambant ou flammant : peu-à peu l’étymologie oubliée, permit d’écrire flamant ou flamand, & d’un oiseau couleur de feu ou de flamme, on fit un oiseau de Flandre, on lui supposa même des rapports avec les habitans de cette contrée où il n’a jamais paru. 

Source de la citation : Leclerc de Buffon, 1781

Quant à la variante morphologique flambant, qui résulte d’un rapprochement avec la famille du verbe flamber et que Leclerc de Buffon associe aux anciens naturalistes, on la rencontre chez quelques auteurs des 16e et 17e siècles, dont P. Belon du Mans (1555)Belon du Mans, Pierre (1555). L'histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions, & naïfs portraicts retirez du naturel, p. 199 (GoogleLivres, 2021/11/14). et J.-B. Du Tertre (1667)Du Tertre, Jean-Baptiste (1667). Histoire generale des Antilles habitées par les François, tome 2, p. 267 (GoogleLivres, 2021/11/14)..

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique flamand sert à dénommer les six espèces que comptent la famille des phœnicoptéridés et l’ordre des phœnicoptériformes. Ces espèces, d’abord regroupées dans le genre Phoenicopterus, sont aujourd’hui réparties dans trois genres voisins : Phoenicopterus, Phoenicoparrus et Phoeniconaias.

Au 19e siècle, ces espèces ont aussi été dénommées à partir du générique phœnicoptère.

Dans des noms composés

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

flamant des Caraïbes [Phoenicopterus ruber] : espèce américaine répandue autour de la mer des Caraïbes, à plumage rose foncé, avec la tête et le cou rougeâtres.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

flamant rose [Phoenicopterus roseus] : grande espèce présente en Eurasie et en Afrique, à plumage d’un rose pâle (plus foncé sur les ailes).

Remarque complémentaire relative à la sous-entrée.

La distinction que les spécialistes font actuellement entre le flamant rose (espèce de l’Ancien Monde) et le flamant des Caraïbes (espèce du Nouveau Monde) est relativement récente; avant l’adoption de cette distinction, le terme technique flamant rose désignait indifféremment ces deux espèces (alors perçues comme des représentants d’une même espèce).

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi
  • Robert historique (1992).
  • Dictionnaire de l’Académie française (1835), 6e édition (dictionnaire-academie.fr, 2021/11/16).
  • Richelet, Pierre (1690). Dictionnaire françois contenant les mots et les choses (GoogleLivres, 2021/11/17).
  • Cabard et Chauvet (2003), p. 71.

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • Oiseaux.net

Note(s)