harelde
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harelde, harelde kakawi* : canard plongeur de l’Arctique, dont le mâle, à longue queue effilée, a le plumage presque blanc lorsqu’il hiverne le long des côtes nordiques.
On a donné à cette espèce de canard de multiples appellations différentes. Au Québec et en Acadie, elle est traditionnellement appelée kakawi (cacaoui) ou canard kakawi. En Europe elle est davantage connue sous les noms de harelde boréale
autres syn. : (basés sur harelde) harelde du Nord, harelde glacial(e); (basés sur canard) canard à longue queue (de Terre-Neuve), canard de Miquelon (d’abord écrit canard de Miclon); (basés sur d’autres génériques) fuligule de Miquelon, garrot de Miquelon, morillon glacial; (forme simple) miclon (miquelon).
anatidé; ansériforme.
Origine et histoire
Le terme harelde, introduit dans la nomenclature française au milieu du 19e siècle par les naturalistes C. D. Degland et Z. Gerbe
Lui-même adopté par le zoologiste britannique J. F. Stephens en 1824, ce générique latin est issu du nom islandais servant à dénommer la même espèce de canard nordique (cp. l’islandais actuel hávella). Selon Jobling (2018), la forme harelda, mentionnée au 17e siècle dans The Ornithology of Francis Willughby
Comme élément générique de dénominations binominales, harelde a été associé à divers éléments spécifiques complémentaires, dont le dernier en lice est kakawi, adopté par la Commission internationale des noms français des oiseaux au début des années 1990
La Harelde qui n'est pas de Miquelon […] Depuis plus de deux siècles, nous connaissons cet oiseau sous le nom "Harelde de Miquelon"
À la fin du 18e siècle, dans les planches enluminées accompagnant l’Histoire naturelle de Leclerc de Buffon, la harelde était identifiée comme le canard de Miclon, mais la dénomination harelde de Miquelon n’est attestée comme telle qu’un siècle plus tard (Planches enluminées d’histoire naturelle, gravées par François Nicolas Martinet sous la supervision de Edme-Louis Daubenton, 1765-1783, tome 10, planche 1008; biodiversitylibrary.org, 2020/07/29). . Rien à reprocher au générique, dérivé de l'islandais "Havelda" ou "Havella", sinon du norvégien "Havelle". En revanche, l'épithète (qui a même donné "miclon"), perpétue une erreur compréhensible du temps de Buffon, ridicule aujourd'hui. En effet, la répartition de l'espèce couvre d'immenses territoires dans le nord de l'Eurasie et de l'Amérique, mais la Harelde ne niche même pas sur cette petite île au large de Terre-Neuve... L'affubler du nom de celle-ci fait sourire les Québécois. [/] Cependant, ceux-ci usent de "Canard kakawi" pour la désigner. Ce "kakawi" (prononcé "cacahoui"), évidemment onomatopée du cri, doit avoir une origine indigène, peut-être huronne, iroquoise ou autre, peu importe. Les Canadiens y tiennent et souhaiteraient le voir adopté chez nous, mais je crains qu'il ne soulève l'hilarité : n'y pensons donc pas. [/] La solution serait de passer à "Harelde boréale", dont l'adjectif correspond à la réalité géographique, afin de disqualifier pour de bon l'absurde "de Miquelon". Telle est ma proposition, si l'on garde le principe d'une appellation française binominale. A vrai dire, "Harelde" tout court suffirait, sans équivoque possible.
Source de la citation : Géroudet, 1987
Taxonomie et nomenclature
Le terme harelde est étroitement associé à l’espèce d’anatidé scientifiquement dénommée Clangula hyemalis, seule espèce du genre Clangula actuel. Si ce terme a été largement adopté en Europe dès le milieu du 19e siècle (parfois concurrencé par garrot et fuligule), le générique canard s’est maintenu dans la terminologie canadienne jusqu’au début des années 1990
Références et notes
Source(s) métalinguistique(s)
- Jobling, J. A. (2018). Key to Scientific Names in Ornithology (www.hbw.com/dictionary/definition/harelda, 2018/01/25).
- Cabard et Chauvet (2003), p. 96
Base(s) ornithologique(s) de référence
Date de consultation :
- Avibase
- Birds of the World
- Oiseaux.net