mangeur-de-poules, mange-poules
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(Mi-18e siècle–20e siècle) Noms servant à désigner divers oiseaux de proie diurnes (autour, crécerelle, épervier, faucon, buse ou busard) perçus comme des prédateurs de volaille.
Ces appellations qui ne semblent pas avoir eu cours en France
accipitridé, accipitriforme; falconidé, falconiforme.
Origine et histoire
La nomenclature française traditionnelle compte diverses appellations d’animaux composées à partir du verbe manger ou de son dérivé mangeur et faisant référence à un comportement alimentaire. Dans la seconde moitié du 18e siècle, le Dictionnaire raisonné universel d’histoire naturelle de Valmont de Bomare
Mangeur de poules est largement attesté comme nom d’oiseau de proie diurne depuis le milieu du 18e siècle et, déjà à l’époque, l’appellation semblait être implantée dans diverses colonies françaises. Elle est signalée par P. Barrère dès 1741
En plus de mangeur-de-poules (et de sa variante mangeux-de poules), les français nord-américains connaissent les formes voisines mangeur-de-poulets (mangeux de poulets) et mange-poules. Attestés dès le début du 19e siècle, mangeur-de-poules (Audubon, 1831)
I have only here to add, that amongst the American farmers the common name of our present bird [= Red-tailed Hawk] is the Hen-hawk, while it receives that of Grand mangeur de poules from the Creoles of Louisiana.
Source de la citation : Audubon, 1831
[le faucon] recherche surtout les Faisans et les poulets : c’est ce qui l’a fait nommer épervier à poules aux États-Unis, et mangeur de poulets à la Louisiane.
Source de la citation : Le Maout, 1843
Mange-poules n’est relevé que depuis le milieu du 20e siècle (Massignon, 1962).
Selon les enquêtes linguistiques effectuées au Québec, en Acadie et à Saint-Pierre-et-Miquelon dans le dernier tiers du 20e siècle, mangeur de poules et mange-poules étaient encore largement répandues à l’époque, notamment comme nom usuel du Busard des marais. Ont également été recueillies quelques attestations de mangeur-de-poulets au Québec et en Acadie.
Références et notes
Source(s) métalinguistique(s)
- FEW 6/1 manducare, p. 174b.
- Brasseur, Patrice (2001). Dictionnaires des régionalismes du français de Terre-Neuve, p. 287, sous mangeur.
- Brasseur, Patrice et Jean-Paul Chauveau (1990), Dictionnaire des régionalismes de Saint-Pierre et Miquelon, p. 434, sous mangeur de poules.
- Cormier, Yves (1999). Dictionnaire du français acadien, sous mange-poule et mangeur-de-poules.
- Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, vol. 6, questions 1493 « Busard des marais » et 1494 « Oiseaux de proie ».
- Fonds documentaires du Trésor de la langue française au Québec (tlfq.org, 2023/10/29).
- Lavoie, Thomas, et collaborateurs (1985). Les parlers français de Charlevoix, du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, tome 2, questions 687 « Busard des marais » et 685 « Grand duc de Virginie ».
- Massignon, Geneviève (1962). Les parlers français d’Acadie, tome 1, p. 257, no 393 « Oiseau de proie (en général) ».