Oiseau trapu, de taille moyenne ou petite, à tête massive pourvue d’un long bec robuste et chez certaines espèces d’une huppe hirsute, à queue souvent très courte et à plumage varié (comportant généralement du bleu et/ou du roux), qui vit au bord de l’eau et qui se nourrit principalement de petits poissons qu’il capture en plongeant depuis un perchoir ou après un vol sur place.
En Europe, martin-pêcheur utilisé sans autre spécification désigne généralement le martin pêcheur d’Europe, alors qu’au Québec et au Canada français, il désigne le martin pêcheur d’Amérique.
alcédinidé; coraciiforme.
syn. :alcyon, drapierDrapier est attesté comme nom français de cet oiseau au 16e siècle (voir : Constantin, Robert (1573). Supplementum linguae latinae, sous alcyon; GoogleLivres, 2024/02/26). Au 19e siècle, il a été relevé notamment dans le sud-est de la France (voir : FEW 3 drappus, p. 155b; Rolland, Eugène (1879), Faune populaire de la France, tome 2 Les oiseaux sauvages, p. 72; gallica.bnf.fr, 2024/02/27). Dans l’édition de 1625 du Grand dictionnaire françois-latin de J. Nicot, on explique ainsi l’origine de l’emploi : « Je pense qu’on l’appelle drapier, d’autant que les drapiers le tiennent pendu [desséché] au plancher de leurs boutiques, croyans qu’il ait vertu de préserver leurs draps des teignes. » (GoogleLivres, 2024/02/26)., martin-plongeurMartin-plongeur est attesté Louisiane depuis 1934 et au Québec depuis 1957. Voir : Daigle, Anna Theresa (1934). Folklore and Etymological Glossary of the Variants from Standard French in Jefferson Davis Parish, Louisiana State University (Baton Rouge), p. 129; McAtee, Waldo Lee (1957), Folk-Names of Canadian Birds, p. 45 (biodiversitylibrary.org, 2024/02/28). Cet emploi était toujours connu au Québec dans le dernier tiers du 20e siècle (d’après Dulong, Gaston et Gaston Bergeron,1980)., martinet, martinet pêcheur, pêche-martin, pêcheurPêcheur est attesté depuis le milieu du 16e siècle dans deux traités d’histoire naturelle parus en 1555, celui de C. Gesner rédigé en latin et celui de P. Belon du Mans rédigé en français. Gesner mentionne pescheur et martinet pescheur comme deux synonymes, alors que Belon présente pescheur comme un « surnom » ajouté à martinet pour distinguer deux emplois de ce mot (voir la citation sous martinet). Voir : Gesner, Conrad (1555). Historiæ animalivm, Liber III, p. 550; Belon du Mans, Pierre (1555). L'histoire de la nature des oyseaux, p. 218 (GoogleLivres, 2024/02/28). Cet emploi de pêcheur était toujours connu au Québec dans le dernier tiers du 20e siècle (d’après Dulong, Gaston et Gaston Bergeron,1980)..
Origine et histoire
Répertoriée dans les dictionnaires français depuis la fin du 17e siècle (Richelet, 1680)Reprenant une information puisée dans la Faune populaire d’Eugène Rolland, le Trésor de la langue française fait remonter cette appellation à 1573, date de publication du Supplementum linguae latinae de Robert Constantin. Martin pescheur ne figure toutefois pas comme tel dans cette source (à l’article Alcyon), mais seulement martinet pescheur comme nom français et martin bec pescheur comme nom normand., l’appellation composée martin-pêcheur semble avoir été formée sur le modèle de martinet(-)pêcheur qui servait à désigner le même oiseau depuis le milieu du 16e siècleBelon du Mans, Pierre (1553). Les observations de plusieurs singularitez et choses mémorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays estranges, p. 10b (GoogleLivres, 2023/11/17). Voir aussi : (1555). L'histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions, & naïfs portraicts retirez du naturel, p. 218 sous Martinet pescheur (GoogleLivres, 2023/11/17). et qui est tombé en désuétude au cours du 18e siècle.
Pêcheur, la deuxième composante de ces appellations fait clairement allusion au mode de chasse et d’alimentation de ce type d’oiseau.
La première composante de martinet-pêcheur reprend la forme simple martinet qui était associée au même oiseau depuis le 14e siècle et qui est elle-même sortie de l’usage au 16e siècle (voir martinet).
Quant à la première composante de martin-pêcheur, elle découle vraisemblablement du prénom masculin Martin qui, comme d’autres prénoms masculins ou féminins, a historiquement été transféré à divers animaux, à titre de sobriquet ou de nom familier. Selon le Trésor de la langue française, c’est d’ailleurs de cet emploi que dériverait le nom de martinet. Mais on ne peut écarter la possibilité d’un lien avec l’appellation régionale oiseau (de) Saint-Martin relevée notamment en Normandie (depuis le 16e siècleÀ l’article Alcyon de son Supplementum linguae latinae de 1573, R. Constantin mentionne également oyseau saint Martin comme appellation normande (GoogleLivres, 2024/02/26).) et en Vendée. C’est ce lien que privilégie l’étymologiste P. Cabard.
Taxonomie et nomenclature
Dans la nomenclature actuelle, le générique martin-pêcheur sert à dénommer une quarantaine d’espèces de coraciiformes de la famille des alcédinidés classées dans sept genres dont les principaux sont Alcedo, Ceyx, Chloroceryle, Corythornis et Megaceryle.
Dans des noms composés
Seule espèce largement répandue en Amérique du Nord :
martin-pêcheur d’Amérique* [Megaceryle alcyon (précédemment Ceryle alcyon)] : grande espèce nord-américaine, coiffée d’une huppe hirsute, à dos et tête gris bleuté, à collier et ventre blancs, dont la poitrine est marquée d’une bande bleutée (doublée d’une bande rousse chez la femelle).
Seule espèce largement répandue en Europe :
martin-pêcheur d’Europe* [Alcedo atthis] : petite espèce eurasienne (non huppée), à dos bleu vif, menton blanchâtre et poitrine rousse, dont les ailes et le dessus de la tête sont verdâtres et tachetés de bleu.