C’est dans un roman médiéval du milieu du 12e siècle (le Roman de Troie, vers 1165) qu’on relève les premières attestations de cette dénomination, sous les graphies mauviz et mauvis. La variante malvis est également bien attestée en ancien et en moyen français.
Le nom de mauvis est généralement associé à la grive mauvis, mais on signale aussi son emploi dans quelques parlers régionaux comme appellation du cochevis huppéDans sa Faune populaire de la France (tome 2 Les oiseaux sauvages, 1879, p. 216-217), Eugène Rolland ne relève toutefois pas mauvis parmi les multiples noms français et régionaux répertoriés de l’alouette huppée ou cochevis (Alauda cristata) (GoogleLivres, 2020/01/13)..
Depuis la fin du 17e siècle, on a émis diverses hypothèses divergentesÀ diverses époques depuis la fin du 17e siècle, on a proposé de rattacher mauvis à divers étymons latins (voir notamment : Ménage, Gilles (1694). Dictionnaire étymologique ou Origines de la langue française; Littré, Émile (1863-1869). Dictionnaire de la langue française; Alessio, Giovanni (1950). « Problemi di etimologia romanza II, 4. Due nomi francesi del "tordo" », Revue de linguistique romane, tome 17, p. 72-73; Guiraud, Pierre (1982). Dictionnaire des étymologies obscures). Au milieu du 19e siècle, on a également envisagé la possibilité d’une origine celtique (voir notamment : Grandgagnage, Charles (1845). Dictionnaire étymologique de la langue wallonne). Aucune de ces propositions n’a été jugée suffisamment convaincante. quant à l’origine de mauvis, dont la plus largement reçue est celle que présente le Trésor de la langue française : mauvis dériverait probablement de mauve, nom donné à la mouette sur les côtes françaises de la Manche, qui est lui-même issu du vieil anglais maew (de même sens) par l’intermédiaire de l’anglo-normand (voir mauve). Cette dérivation serait, ajoute-t-on, motivée par « la ressemblance du plumage de cet oiseau avec celui de la mouette, sa couleur claire le distinguant des autres grives », ce qui est moins convaincant. En ce qui concerne la finale en -is, qui fait difficulté, elle pourrait s’expliquer par un « renforcement expressif » ou par une analogie avec la finale d’autres noms d’oiseaux comme cochevis et perdrix.