Aller directement au contenu

moyac

Genre

masculin ou féminin

Précisions sur le genre

Dans sa région d’origine, le mot est généralement de genre féminin, mais la plupart des dictionnaires qui le consignent le donnent comme masculin.

Prononciation

[mɔjak]

Variante

(voir ci-dessous)

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

(Qc/Ca) (Québec maritime et Acadie) Nom régional de l’eider, et en particulier de l’eider à duvet*.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

L’eider à duvet est aussi appelé moyac blanche.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

La macreuse à ailes blanches a parfois été appelée fausse moyac.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

anatidé; ansériforme.

Origine et histoire

Moyac est d’origine algonquienne et a probablement été emprunté au micmac (langue autochtone du sud-est du Québec et des provinces maritimes) où, pour désigner le même oiseau, on a relevé les formes plurielles mooeâk’ et moiag.Rand, S.T. (1875). A First Reading Book in the Micmac Language, p. 48 : « Sea Duck »; Pacifique, père (1938). « Traité théorique et pratique de la langue micmaque », dans Annales de l'ACFAS, vol. 4, p. 247 : « canard de mer » (d’après le Dictionnaire historique du français québécois).

Cette dénomination est attestée depuis le premier quart du 18e siècle[Raudot, Antoine-Denis (1721 environ)]. Relation par lettres de l'Amérique septentrionalle (années 1709 et 1710), éditée et annotée par Camille de Rochemonteix, 1904, p. 44 (gallica.bnf.fr, 2020/08/02). sous la graphie moyac, et dès 1672Denys, Nicolas (1672). Description geographique et historique des costes de l’Amerique septentrionale, avec l’histoire naturelle du païs, tome 1, p. 142-143 (canadiana.ca, 2020/08/02). sous la variante moyaque.

Le gibier de mer et de riviere y est en abondance; mais il n'y vaut rien parce qu'il sent l'huile. Le moyac dont on tire un duvet qui s'appelle edredon fait une partie de ce gibier; il passe pendant deux mois sur le bord de la mer en très grande abondance, et si bas qu'on le tuë a coups de baton. C'est un oyseau à peu près de la figure d'une oye, dont le masle est noir et blanc et la femelle gris cendré; c'est elle qui produit ce duvet, quand elle veut pondre; elle s'arrache tout celuy qu'elle a sans toucher à la grande plume, elle en forme son nid à terre sur des herbes et de petits bois secs, ce sont ces nids qu'on ramasse et qu'on nettoye pour avoir ce duvet, lequel est très leger et d'une grande chaleur […].

Source de la citation : Raudot, 1721 environ

en descendant du costé de la grande baye de saint Laurens la terre est couverte des mesmes bois : au pied de ce cap il y a des rochers qui font un petit bassin où l'on se peut mettre à l'abry du mauvais temps […] : il s'y trouve quantité de homars entre toutes ces roches-là; […] : il s'y trouve aussi quelques canards & moyaques, le long de la coste qui se mettent à l'abry derriere quelques roches pour éviter les brisants de la mer qui sont furieux lors que les vents portent à la coste […].

Source de la citation : Denys, 1672

La forme moyac s’est progressivement imposée au détriment de diverses autres variantes, aujourd’hui désuètes (moyaque, moignac, moniac et mouniac).

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • Dictionnaire historique du français québécois (1998).
  • Fonds documentaires du Trésor de la langue française au Québec (tlfq.ulaval.ca/fichier, 2018/01/08).
  • Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, vol. 6, question 1491.
  • Lavoie, Thomas, et collaborateurs (1985). Les parlers français de Charlevoix, du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, tome 2, question 717.

Note(s)