oiseau de paradis
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Synonyme de paradisier.
syn. : (voir sous paradisier).
paradisaéidé; passériforme.
Origine et histoire
C’est au début du 16e siècle, au retour de la première expédition navale autour du Globe initiée par F. de Magellan, que les Européens ont découvert l’existence des paradisiers d’Océanie. Les dépouilles au superbe et singulier plumage de ces oiseaux exotiques, destinées à l’origine à servir d’ornement, avaient généralement été amputées de leurs membres, ce qui alimenta la légende venue d’Orient selon laquelle il s’agissait notamment d’oiseaux essentiellement aériens provenant du paradis, légende que même les naturalistes européens de l’époque (notamment le Suisse C. Gesner, l’Italien U. Aldrovandi et l’espagnol J. E. Nieremberg) ont contribué à diffuser. Dans ses Histoires prodigieuses publiées en 1561
Gesnerus en son histoire Latine des oyseaulx (duquel j’ay emprunté ce pourtrait) écrit ce qui s’ensuit : Cest oyseau duquel tu vois icy la figure, s’apelle Oyseau de paradis, ou Ap[o]s Indica […].
Source de la citation : Boaistuau, 1561
La légende a vraisemblablement été tenace puisqu’en 1775
Si Boaistuau semble être le premier auteur à mentionner l’emploi d’oiseau de paradis comme nom du paradisier, le nom composé lui-même avait déjà été utilisé antérieurement. Selon le Trésor de la langue française, qui s’appuie sur le Complément du Dictionnaire de l’ancienne langue française de F. Godefroy, c’est dans un manuscrit de 1528
Et manieres d’oyseaulx comme oyseaulx de paradis, qui sont plus grans que ayrons [= hérons], mays ilz ont jambez et pietz rouges, et le bec comme un papegay [= perroquet], le ventre de plumage blanc un peu couvert de rouge et le cou comme une sigoine [= cigogne].
Source de la citation : Franchières, manuscrit de 1528 (d'après Godefroy)
Le traité de fauconnerie fournit par ailleurs d’autres attestations d’oiseau de paradis où il est plus explicitement encore question d’un oiseau de rivière « un peu moindre que la Gruë » et « plus grans » que le héron. Si Franchières apporte chaque fois des précisions quant à la taille de son « oiseau de paradis », c’est sans doute que cet oiseau n’était pas aussi connu à l'époque que les autres gibiers de rivière mentionnés. Certains détails descriptifs (jambes et pieds rouges, plumage blanc un peu couvert de rouge) donnent à penser qu’il pourrait éventuellement s’agir de la grue de Sibérie (à l’état juvénile) ou du Héron garde-bœufs (en période de reproduction), mais Franchières ne fournit aucune piste permettant de deviner la motivation de l’appellation, ni de relier ce premier emploi isolé à celui qui a cours depuis la seconde moitié du 16e siècle.
Références et notes
Source(s) métalinguistique(s)
- TLF, sous paradis.
- Godefroy, Frédéric (1895-1902). Dictionnaire de l’ancienne langue française, Complément, tome 10, p. 270b (Gallica.bnf.fr, 2025/02/27).