pic-bois, pique-bois
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Synonyme de pic.
Au Québec et dans la francophonie nord-américaine où il est d’emploi courant, ce mot a une valeur de générique.
En Europe francophone, ce mot est d’emploi vieilli ou régional; selon les époques ou les régions, il peut présenter une valeur de générique ou être plus étroitement associé à certaines espèces comme le Pic noir ou le Pic épeiche.
syn. : voir pivert.
picidé; piciforme.
Origine et histoire
Cette dénomination composée attestée depuis le 16e siècle se présente à l’écrit sous deux formes principales qui n’illustrent pas le même modèle de formation. Pique-bois correspond à un modèle de composition très fréquent en français basé sur une forme verbale (de piquer « percer ») suivie de son complément d’objet (bois faisant référence à l’écorce, au tronc des arbres). Dans la variante graphique pic-bois, où pic est interprété comme un nom générique de base, la relation qui unit les deux éléments du composé est moins nette, aussi pourrait-il s’agir d’une variante seconde, modifiée sous l’attraction du modèle [Nom générique + élément spécifique] qui est à l’origine de la plupart des dénominations d’espèces naturelles (pic noir, pic épeiche, etc.). Cela n’est toutefois pas confirmé par la datation première de ces deux variantes graphiques.
Pic-bois est la forme la plus ancienne, attestée dès 1561 dans un petit manuel de langue latine destiné aux enfants
Picus martius, pic, pivert, pic-bois picumar. Picus varius, epeiche, pic rouge. Picus cinereus, grand grimpereau.
Source de la citation : Hortulus puerorum, 1561
Quant à la variante pique-bois, elle n’apparaît qu’un siècle plus tard (sous la forme picquebois) dans le traité d’histoire naturelle de la Nouvelle-France de P. Boucher (1664)
Il se void des Hibous & Chats-huans : des Corbeaux & Corneilles, des Piverts, & autres sortes que l'on appelle Picquebois […].
Source de la citation : Boucher, 1664
Si, du côté nord-américain, le nom composé (pic-bois ou pique-bois) s’est largement implanté dans l’usage comme appellation générique (au détriment du nom simple pic) dès le 17e siècle
Références et notes
Source(s) métalinguistique(s)
- TLFi, sous pic1.
- FEW 8 picus, p. 459b.
- Brasseur, Patrice et Jean-Paul Chauveau (1990), Dictionnaire des régionalismes de Saint-Pierre et Miquelon, p. 525-526.
- Cormier, Yves (1999). Dictionnaire du français acadien, sous pic-de-bois.
- Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, volume 6, questions 1519 « Pic chevelu », 1520 « Grand pic », 1521 « Pic doré ou flamboyant ».
- Fonds documentaires du Trésor de la langue française au Québec (fonds.tlfq.org, 2024/01/06).
- Lavoie, Thomas, et collaborateurs (1985). Les parlers français de Charlevoix, du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, tome 2, questions 703 « Pic chevelu » et 704 « Grand pic ».
- Massignon, Geneviève (1962). Les parlers français d’Acadie, tome 1, p. 264, no 426 « Pic chevelu ».