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pic-bois, pique-bois

Genre

masculin

Prononciation

[pikbwɑ]

Graphie

Aussi écrit picbois.

Pluriel

Des pics-bois, des picque-bois.

Variante

(notamment dans l'ouest du Québec) pic-à-bois, (notamment en Acadie) pic-de-bois, (rare) pic-des-bois.

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Synonyme de pic.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Au Québec et dans la francophonie nord-américaine où il est d’emploi courant, ce mot a une valeur de générique.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

En Europe francophone, ce mot est d’emploi vieilli ou régional; selon les époques ou les régions, il peut présenter une valeur de générique ou être plus étroitement associé à certaines espèces comme le Pic noir ou le Pic épeiche.

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn. : voir pivert.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

picidé; piciforme.

Origine et histoire

Cette dénomination composée attestée depuis le 16e siècle se présente à l’écrit sous deux formes principales qui n’illustrent pas le même modèle de formation. Pique-bois correspond à un modèle de composition très fréquent en français basé sur une forme verbale (de piquer « percer ») suivie de son complément d’objet (bois faisant référence à l’écorce, au tronc des arbres). Dans la variante graphique pic-bois, où pic est interprété comme un nom générique de base, la relation qui unit les deux éléments du composé est moins nette, aussi pourrait-il s’agir d’une variante seconde, modifiée sous l’attraction du modèle [Nom générique + élément spécifique] qui est à l’origine de la plupart des dénominations d’espèces naturelles (pic noir, pic épeiche, etc.). Cela n’est toutefois pas confirmé par la datation première de ces deux variantes graphiques.

Pic-bois est la forme la plus ancienne, attestée dès 1561 dans un petit manuel de langue latine destiné aux enfants[Racine, Jean] (1561). Hortulus puerorum, pergratus ac perutilis latine discentibus / Petit jardin pour les enfants fort agréable & profitable pour aprendre latin, p. 94 (gallica.bnf.fr, 2023/12/30). :

Picus martius, pic, pivert, pic-bois picumar. Picus varius, epeiche, pic rouge. Picus cinereus, grand grimpereau.

Source de la citation : Hortulus puerorum, 1561

Quant à la variante pique-bois, elle n’apparaît qu’un siècle plus tard (sous la forme picquebois) dans le traité d’histoire naturelle de la Nouvelle-France de P. Boucher (1664)Boucher de Boucherville, Pierre (1664). Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada, p. 73 (gallica.bnf.fr, 2024/01/04). :

Il se void des Hibous & Chats-huans : des Corbeaux & Corneilles, des Piverts, & autres sortes que l'on appelle Picquebois […].

Source de la citation : Boucher, 1664

Si, du côté nord-américain, le nom composé (pic-bois ou pique-bois) s’est largement implanté dans l’usage comme appellation générique (au détriment du nom simple pic) dès le 17e siècleVoir notamment : Denys, Nicolas (1672), Histoire naturelle des peuples, des animaux, des arbres & plantes de l’Amerique septentrionale, & de ses divers climats, t. 2, p. 342 « L'on y rencontre aussi des Piquebois, ils ont le plumage plus beau que ceux de France, & de la mesme grosseur. »; Le Clerq, Chrestien (1691). Nouvelle relation de la Gaspesie, p. 487-488 « Les pic bois, que nous appellons de ce nom, parce qu'ils prennent leur nourriture en picotant les troncs des arbres qui sont pourris, se distinguent par deux sortes de plumage » (fonds.tlfq.org, 2024/01/06)., sa diffusion du côté européen semble toujours avoir été relativement restreinte. Ce nom composé y est assez régulièrement attesté jusqu’au 20e siècle, mais c’est le plus souvent comme une appellation régionale des parlers de l’est de la FranceVoir notamment : Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, tome 26, 1818, sous pique-bois « Nom vulgaire du pic noir dans certains cantons de Lorraine. » (GoogleLivres, 2024/01/06); Fournel, Dominique H. L. (1836). Faune de la Moselle, première partie, p. 202 « Pic vert […] Le Pic-Bois (à Metz) » (gallica.bnf.fr, 2024/01/06); Ray, Jules (1843). Catalogue de la faune de l’Aude, p. 45 « pic épeiche » (GoogleLivres, 2023/12/30). ou de SuisseVoir notamment : Fatio, Victor et Th. Studer (1901). Catalogue des oiseaux de la Suisse, 3e livraison, p. 363 « Pic épeiche […]. Noms vulgaires : Pic bois ou Pique bois, Pic rouge (Genève, Vaud) » (biodiversitylibrary.org, 2024/01/06)..

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi, sous pic1.
  • FEW 8 picus, p. 459b.
  • Brasseur, Patrice et Jean-Paul Chauveau (1990), Dictionnaire des régionalismes de Saint-Pierre et Miquelon, p. 525-526.
  • Cormier, Yves (1999). Dictionnaire du français acadien, sous pic-de-bois.
  • Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, volume 6, questions 1519 « Pic chevelu », 1520 « Grand pic », 1521 « Pic doré ou flamboyant ».
  • Fonds documentaires du Trésor de la langue française au Québec (fonds.tlfq.org, 2024/01/06).
  • Lavoie, Thomas, et collaborateurs (1985). Les parlers français de Charlevoix, du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, tome 2, questions 703 « Pic chevelu » et 704 « Grand pic ».
  • Massignon, Geneviève (1962). Les parlers français d’Acadie, tome 1, p. 264, no 426 « Pic chevelu ».

Note(s)