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serin

Genre

masculin

Prononciation

[s(ə)ʀɛ̃]

Féminin

Le féminin serine « serin femelle » est peu fréquent.

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Petit passereau granivore d’Eurasie et d’Afrique, voisin du chardonneret, dont le plumage strié est à dominante de jaune clair ou de jaune verdâtre, et dont le mâle est reconnu comme un excellent chanteur.

Définition (emploi secondaire du mot-entrée).

Synonyme usuel de canari (race domestique).

Définition (emploi secondaire du mot-entrée).

(Qc/Ca) (20e siècle) Nom donné au chardonneret jaune* et à la paruline jaune*.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus restreint.

canari, cini.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

fringillidé; passériforme.

Origine et histoire

Serin est attesté en français depuis le 15e siècle (1478), d’abord en référence au serin cini (anciennement appelé serin de Provence), une espèce largement répandue sur le pourtour méditerranéen, puis à d’autres espèces voisines, dont le serin des Canaries et le venturon (anciennement appelé le serin d’Italie). Quant à l’origine du mot, elle demeure incertaine.

Partant de la teinte jaunâtre de ce type de passereau, certains auteurs ont proposé comme étymons de serin des adjectifs latins évoquant cette couleur : au 19e siècle, l’ethnologue E. RollandRolland, Eugène (1879). Faune populaire de la France, tome 2 Les oiseaux sauvages, p. 193 (GoogleLivres, 2019/04/24). le fait dériver de citrinus « qui a la couleur du citron » (de citrus « citron »), au 20e siècle, P. GuiraudGuiraud, Pierre (1986). Structures étymologiques du lexique français, p. 80. y voit un représentant de cerinus « qui a la couleur de la cire » (de cera « cire »).

L’hypothèse la plus largement acceptée est toutefois la plus ancienne, celle qui met en cause la beauté du chant du serin et que rapportait déjà le naturaliste P. Belon du Mans au milieu du 16e siècleBelon du Mans, Pierre (1555). L'Histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions, et naïfs portraits retirez du naturel, p. 354 (GoogleLivres, 2019/03/29). :

Le Serin a prins son appellation Françoyse de l’excellence de son chant : car tout ainsi comme lon dit que les Syrenes endorment les mariniërs de la douceur de leurs chansons, semblablement pource que ce petit oyseau, de corpulence quasi comparé à un petit Roytelet, chante si doulcement, il a prins le nom de Serin.

Source de la citation : Belon du Mans, 1555

L’histoire de serin remonterait ainsi au mot grec seirên. Selon le Trésor de la langue française, ce mot grec pouvait désigner non seulement la sirène mythologique (personnage mi-oiseau mi-femme au chant séducteur), mais aussi un petit oiseau chanteur et une variété de guêpe. Du grec, seirên serait devenu siren, seren en latin classique puis sirena, serena en latin tardif. En ancien français, on relève la forme sereine au sens de « sirène (mythologique ») dès le 11e siècle et on relève également sereyne au sens de « canari ».

La dénomination serin pourrait être issue de cette ancienne forme sereine (qui sera refaite plus tard en sirène sur le modèle du latin sirena). Mais elle pourrait également résulter d’un emprunt au parler provençal où, dès le 13e siècle, on relève la forme cerena ou serena (de même origine que sereine) désignant un oiseau (oiseau de chasse ou de type guêpier). Dans les deux cas, l’émergence de serin serait associée à un changement de genre.

L’emploi nord-américain de serin (parfois serin du pays ou serin sauvage) pour désigner des passereaux chanteurs indigènes à plumage jaune découle très probablement de serin comme nom usuel du canari domestique, dont le jaune est la couleur habituelle. Cet emploi n’est clairement attesté que depuis le milieu du 20e siècleVoir notamment : Cayouette, Raymond (1952). « Les noms de nos oiseaux », dans Les Carnets [de la Société zoologique de Québec], vol. 12, no 1, janvier, p. 15 (tlfq.ulaval.ca/fichier, 2019/04/24).. Avant cette période, le chardonneret jaune et la paruline jaune étaient plutôt dénommés tout simplement oiseaux jaunes selon le témoignage des naturalistes québécois de la seconde moitié du 19e et de la première moitié du 20e siècleVoir notamment : Provancher, Léon (1872). « Faune canadienne. Les oiseaux », dans Le Naturaliste canadien, vol. 3, no 11, p. 321 (fauvette jaune) et vol. 4, no 3, p. 65 (chardonneret jaune) (biodiversitylibrary.org, 2019/04/24).. Quant à la présence du mot serin dans les longues listes de noms d’oiseaux mentionnées dans les toutes premières relations de voyage en Nouvelle-France, dont celle de Jacques Cartier au milieu du 16e siècleCartier, Jacques (1538 environ). « Deuxième relation (1535-1536) », dans Relations, édition critique par Michel Bideaux, 1986, p. 148 (tlfq.ulaval.ca/fichier, 2019/04/24). Voir aussi l’introduction de cette édition, p. 81., on ne peut rien en extrapoler de fiable puisque ces énumérations, composées essentiellement de noms d’espèces connues en France, ne semblent pas encore reposer sur des observations attentives de la faune nord-américaine.

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique serin sert à désigner une quarantaine d’espèces de passériformes de la famille des fringillidés, classées dans les genres Crithagra (genre principal actuel regroupant la plupart des espèces d’Afrique et d’Arabie), Serinus et Chrysocorythus. Les espèces des genres Crithagra et Chrysocorythus étaient précédemment intégrées au genre Serinus.

Dans des noms composés

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Principales espèces européennes :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

serin cini* [Serinus serinus] : petite espèce présente en Europe et commune sur le pourtour méditerranéen. [voir : cini;  syn. anciens : (18e–19e siècle) serin de Provence, serin vert (de Provence).]

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

serin des Canaries* [Serinus canaria] : espèce originaire des archipels portugais de l’Atlantique (Canaries, Madère et Açores), qui est l’ancêtre du canari domestique. [syn. : canari.]

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Espèces africaines élevées comme oiseaux de cage et de volière :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

serin à croupion blanc* [Crithagra leucopygia, précédemment Serinus leucopygius] : espèce d’Afrique subsaharienne, répandue du Sénégal à l’Éthiopie, à dessus gris (plus sombrement strié sur le dos), avec le ventre et le croupion blancs. [syn. : chanteur d’Afrique.]

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

serin du Mozambique* [Crithagra mozambica, précédemment Serinus mozambicus] : espèce commune d’Afrique subsaharienne, à queue relativement courte, à dessus vert cendré (plus sombrement strié sur le dos) et à dessous jaune vif avec les sourcils et les joues également jaunes. [syn. : (fin 19e–début 20e siècle) chanteur de Mozambique.]

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Espèce similaire de fringillidé :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

serin d’Italie  : (18e–mi-19e siècle) synonyme ancien de venturon.

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi, sous serin et sirène.
  • FEW 11 siren, p. 654.
  • Robert historique (1992), sous serin et sirène.
  • Cabard et Chauvet (2003), p. 361.
  • TLFQ (tlfq.ulaval.ca, 2019/04/24).
  • Dulong, Gaston et Gaston Bergeron (1980). Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines, vol. 6, questions 1535 et 1538.
  • Lavoie, Thomas, et collaborateurs (1985). Les parlers français de Charlevoix, du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, tome 2, questions 693 et 700.

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • HBW Alive
  • Oiseaux.net

Note(s)