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tangara

Genre

masculin

Prononciation

[tɑ̃gaʀɑ]

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Passereau insectivore et frugivore d’Amérique tropicale (largement répandu en Amérique du Sud), de taille petite ou moyenne, qui compte de multiples espèces dont le plumage, très variable, comporte souvent des couleurs vives surtout chez le mâle.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Techniquement, le nom de tangara ne s’applique qu’au quart des espèces rattachées à la grande famille des thraupidés, mais on l’utilise parfois par extension pour désigner l’ensemble des espèces de cette famille ou du moins, les espèces les plus voisines. 

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Dans la dénomination des espèces du genre Piranga, qui a été détaché de la famille des thraupidés au début du 21e siècle, on a remplacé tangara par piranga comme nouveau nom technique français.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

thraupidé; passériforme.

Origine et histoire

Selon l’étymologiste J. A. Jobling, tangara est un mot d’origine tupie qui signifie littéralement « danseur » et qui, originellement, servait à désigner les manakins. Emprunté par l’intermédiaire du latin scientifique, cette forme est attestée en français depuis 1760.

Tangara figure comme nom d’oiseau brésilien dans une compilation de relations de voyages publiée en anglais au début du 17e siècle (Purchas, 1614)Samuel Purchas, Samuel (1614). Purchas his pilgrimage; or, Relations of the world and the religions obserued in all ages and places discouered, second edition, p. 843 (archive.org, 2023/03/02)., puis une trentaine d’années plus tard dans le premier traité d’histoire naturelle du Brésil rédigé en latin (Piso et Marcgrave, 1648)Piso, Willem et Marcgrave, Georg (1648). Historiae naturalis brasiliae, livre 5, p. 214-215 (biodiversitylibrary.org, 2023/03/03).. Dans ce traité, le naturaliste allemand G. Markgraf y décrit un type d’oiseau vivement coloré sous le nom latin de Tangara brasiliensibus « tangara des Brésiliens » qui sera diffusé par les naturalistes européens dans la seconde moitié du 17e siècle.

Au milieu du 18e siècle (1760)Brisson, Mathurin (1760). Ornithologie ou Méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, especes & leurs variétés, tome 3, p. 3 et suivantes (GoogleLivres, 2023/03/03). Brisson rappelle en note l’origine du mot : « Tangara, nom qu’on donne au Brésil à quelques especes de ce nom. », le naturaliste français M. Brisson intègre dans son classement systématique des espèces aviaires un taxon de genre ayant comme type le Tangara brasiliensibus de Markgraf, qu’il identifie d’après sa description au Calliste septicoloreAuquel il donne lui-même le nom spécifique de tangara et que ses successeurs appelleront tangara du Brésil. et auquel il rattache en outre une vingtaine d’espèces similaires du continent américain. Il donne alors à ce taxon générique le double nom latin et français de tangara. De nombreuses espèces américaines y seront adjointes par ses successeurs.

Quatre ans après Brisson, le naturaliste suédois C. von Linné introduit dans la nomenclature scientifique la variante générique Tanagra qui recoupe largement l’emploi de TangaraLinné, Carl von (1764). Museum S[euci]ae R[egin]ae M[ajes]tis Ludovicae Ulricae reginae Svecorum, p. 30-31; (1766). Systema Naturae, 12e édition, p. 313-317 (GoogleLivres, 2023/03/04).. Au 19e siècle, à la suite d’une méprise quant à la date d’introduction de Tanagra (qu’on a crue antérieure à Tangara), la forme de Brisson est progressivement remplacée par celle de Linné dans la nomenclature latine. Ce remplacement n’affecte toutefois pas directement la nomenclature technique française qui conserve la forme tangara.

En revanche, la création en 1826 du genre Calliste, formé à partir d’un important sous-groupe d’espèces précédemment classées dans le genre Tanagra, entrainera la modification du générique français dans la dénomination de ces espèces, soit la substitution de tangara par le terme calliste copié sur le nom latin. Et l’emploi de ce dernier terme en français ne sera pas affecté par l’abandon du générique latin Calliste dans le nom scientifique de ces espèces au début du 20e siècle, lors du rétablissement du générique latin Tangara (reconnu comme antérieur à Tanagra).

Depuis le milieu du 19e siècle, l’extension d’emploi du générique français tangara n’a cessé de reculer devant l’adoption de nouveaux génériques français comme saltator.

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique tangara sert à dénommer plus d’une centaine d’espèces de passériformes de la famille des thraupidés classées dans une quarantaine de genres dont les plus représentés (cinq espèces ou plus) sont : Anisognathus, Bangsia, Iridosornis, Kleinothraupis, Ramphocelus, Tachyphonus, Thlypopsis, Thraupis

Pour des raisons historiques (voir ci-dessus), c’est le générique calliste (et non tangara) qui sert en français à dénommer les thraupidés du genre Tangara.

Dans des noms composés

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Dans des noms désuets d’espèces de pirangas présentes dans l’est de l’Amérique du Nord :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tangara écarlate : synonyme de piranga écarlate*.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tangara vermillon : synonyme de piranga vermillon*.

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi
  • FEW 20 tangará (autres langues), p. 81a.
  • Oxford English Dictionary, sous tanager (oed.com, 2026/02/07).
  • Cabard (2022), p. 487.
  • Donovan et Ouellet (1993).

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • eBird
  • Oiseaux.net

Note(s)