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tétras

Genre

masculin

Prononciation

[tetʀɑ], [tetrɑs]

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

Oiseau gallinacé de l’hémisphère Nord, voisin de la gélinotte, dont les pattes sont couvertes de plumes et dont les mâles, généralement massifs et robustes, à plumage sombre et aux yeux surmontés de caroncules rouges ou jaunes, se réunissent pour pratiquer un rituel de parade gestuel et sonore très démonstratif (incluant le déploiement de la queue en éventail).

Nom(s) associé(s): synonymes ou quasi-synonymes.

syn. : coq de bruyère.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

phasianidé; galliforme.

Origine et histoire

Tétras a été introduit dans la nomenclature française en 1771Buffon, Georges-Louis Leclerc de, et coll. (1771). Histoire naturelle des oiseaux, tome 2, p. 191 et 193 : « Pour moi, afin d’éviter toute équivoque, je donnerai dans cet article au coq de bruyère, le nom de tetras, formé sur celui de tetrao, qui me paroît être son plus ancien nom latin » (GoogleLivres, 2022/02/04). Dans la première édition de l’Histoire naturelle des oiseaux, le mot tetras n’est pas accentué, mais un accent sera ajouté dans les éditions suivantes. par le naturaliste P. Guéneau de Montbeillard, assistant de G.-L. Leclerc de Buffon, pour remplacer coq de bruyère, appellation jugée équivoque parce qu’elle pouvait suggérer que le coq de bruyère (le Grand Tétras) était un coq sauvage. Guéneau de Montbeillard dit avoir formé ce terme sur tetrao (tetrao, tetraonis), l’un des noms latins de ce type d’oiseau, lui-même issu de son nom grec tetraon, tetraonos. Comme l’indique le Trésor de la langue française, tétras pourrait aussi résulter de l’adaptation d’un autre nom latin apparenté, tetrax, tetracis (du grec tetrax, tetragos), mais l’affirmation de Montbeillard demeure vraisemblableComme le signale le TLF, Tetrax est répertorié dans l’édition de 1752 du Dictionnaire universel françois et latin (dictionnaire de Trévoux), mais il s’agit là d’un article renvoi à Grigallus Tetrax est utilisé comme taxon latin et non comme terme français.. Tetrao était d’emploi plus fréquent que tetrax dans le latin des précédents naturalistes et venait d’être adopté comme taxon générique latin par C. von linné en 1758.

L’appellation coq de bruyère va se maintenir dans la langue générale, mais tétras va rapidement s’imposer dans la nomenclature technique et servir à dénommer d’autres espèces apparentées (eurasiennes ou nord-américaines).

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique tétras sert à désigner une douzaine d’espèces de la famille des phasianidés classées dans les genres Centrocercus, Dendragapus, Falcipennis, Lyrurus, Tetrao et Tympanuchus.

Dans des noms composés

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Espèces eurasiennes, présentes dans le nord de l'Europe :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

grand tétras* [Tetrao urogallus] : grande espèce des forêts montagneuses, à tête et cou massifs, à queue large et arrondie, dont le mâle, à caroncules rouges et à plumage brun-noir, porte à la gorge une touffe de plumes hérissées. [syn. : coq de bois, (grand) coq de bruyère.]

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tétras lyre*, tétras-lyre, petit tétras [Lyrurus tetrix (précédemment Tetrao tetrix)] : espèce des landes et lisières de forêts, dont le mâle, à caroncules rouges et à queue terminée en forme de lyre, porte un plumage noir brillant, marqué de blanc aux ailes et sous la queue. [syn. : coq de bruyère à queue fourchue, petit coq de bruyère.]

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Espèces nord-américaines présentes dans le centre et dans l’est du Canada :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tétras à queue fine* [Tympanuchus phasianellus] : espèce des zones herbeuses ou buissonneuses, à manteau brun moucheté avec le dessous plus clair et à queue étroite et pointue, dont le mâle à caroncules jaunes peut, pendant sa parade, gonfler au niveau de l’œsophage deux poches nues d’un rose violacé. [syn. : gélinotte à queue fine, gélinotte à queue aiguë; voir aussi : poule des prairies.]

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tétras des prairies* [Tympanuchus cupido], (19e–20e siècle, dans la nomenclature européenne) tétras cupidon : espèce des grands espaces ouverts, herbeux ou légèrement buissonneux, du centre du continent, à plumage brunâtre fortement rayé, dont le mâle à caroncules jaunes peut, pendant sa parade, dresser les plumes raides de son cou et gonfler au niveau de l’œsophage deux poches nues d’un jaune orangé. [syn. : poule des prairies, grande poule des prairies.]

Remarque complémentaire relative à la sous-entrée.

À ne pas confondre avec le Tétras pâle [Tympanuchus pallidicinctus] une espèce voisine mais plus petite présente dans les états du centre-sud des Etats-Unis.

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tétras du Canada* [Falcipennis canadensis (ou Canachites canadensis)], (20e siècle, dans le nomenclature nord-américaine) tétras des savanes : espèce la plus largement répandue au Canada, notamment dans les forêts de conifères, à dessous moucheté de blanc et à queue bordée de brun-roux, dont le mâle a la gorge et la poitrine noires et les caroncules rouges. [syn. : (Qc/Ca) perdrix de(s) savane(s), perdrix noire.]

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLFi
  • FEW 13/1 tetrao, p. 289a.
  • Le Robert, Dictionnaire culturel en langue française (2002).
  • Donovan et Ouellet (1993).
  • Jobling, J. A. (2022). Key to Scientific Names in Ornithology (birdsoftheworld.org, sous tetrao et tetrax, 2022/02/04).

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • Oiseaux.net

Note(s)