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tisserin

Genre

masculin

Prononciation

[tisʀɛ̃]

Variante

(Rare) tisserand (voir ci-dessous).

Début de l'article

Définition (emploi principal du mot-entrée).

(sens étroit) Petit oiseau de mœurs grégaires, largement répandu en Afrique et en Asie, qui se nourrit de graines, d’insectes et/ou de végétaux, qui construit des nids suspendus en forme de bourse (avec ouverture dirigée vers le bas) faits de longues fibres végétales entrelacées, et dont le plumage du mâle en période de reproduction est à dominante de jaune vif et souvent de vert olive (plus rarement de roux ou de noir), avec la tête généralement marquée d’un masque noir.

Remarque complémentaire à la définition du mot-entrée.

Dans un sens large, tisserin peut également s’appliquer à toutes les espèces similaires de la famille des plocéidés, notamment celles où les mâles affichent des couleurs vives pendant la période de reproduction.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus restreint.

anaplecte, euplecte, foudi, malimbe, républicain, tisserin (sens étroit), travailleur.

Nom(s) associé(s): ensemble d’oiseaux plus large.

plocéidé; passériforme.

Origine et histoire

Tisserin a été introduit dans la nomenclature aviaire en 1800Daudin, François Marie (1800). Traité élémentaire et complet d’ornithologie, ou Histoire naturelle des oiseaux, tome 2, p. 395 (biodiversitylibrary.org, 2025/02/01). par le naturaliste F. M. Daudin, qui justifiait comme suit l’adoption de ce nouveau terme générique pour désigner des espèces regroupées jusque-là sous la large étiquette de gros-bec :

Il y a dans le genre des Gros-becs un petit nombre d’oiseaux, habitans de l’Afrique et de l’Inde, qui ont beaucoup de rapport avec les Troupiales, par leur habitude de vivre en troupe nombreuses; ces oiseaux doivent présenter quelque caractère extérieur suffisant et assez prononcé pour qu’on puisse en former une section particulière; et quoique je n’en aie pas encore examiné toutes les espèces, je me suis décidé provisoirement à les désigner sous le nom de Tisserins, en attendant que des observations ultérieures puissent aider à en faire une section. 

Source de la citation : Daudin, 1800

L’appellation tisserin qui dérive du verbe tisser (peut-être sur le modèle de tisserand) fait clairement référence à la façon qu’ont ces oiseaux de construire leur nid suspendu, comme le souligne L. P. VieillotNouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, nouvelle édition, vol. 34, sous Tisserin, p. 126-127 (GoogleLivres, 2025/02/11). L’article est de Louis Pierre Vieillot. qui a directement contribué à la large diffusion du néologisme :

Tisserin, Ploceus […]. Tous les oiseaux de cette division se trouvent soit en Afrique, soit dans les Grandes-Indes; leur nom générique vient de ce qu’ils font leurs nids avec beaucoup d’art, et les entrelacent de brins d’herbe, talent qui les rapproche des cassiques, des troupiales et des carouges, qu’ils semblent remplacer dans l’ancien continent. 

Source de la citation : Vieillot, 1819

Au début des années 1780Latham, John (1782-1783). General synopsis of birds, vol. 1/2, p. 435 « Weever O[riole] », vol. 2/1, p. 193 « Weaver B[unting] » (biodiversitylibrary.org, 2025/02/11)., le naturaliste britannique J. Latham avait déjà utilisé le terme weaver pour désigner deux espèces de ce type, dont le Tisserin gendarme (Weaver Oriole), ce qui a vraisemblablement influencé le choix terminologique de Daudin. En 1800Histoire générale et particulière par Leclerc de Buffon, nouvelle édition par C. S. Sonnini, 1800 (an IX), tome 49, p. 138 : « L’on a donné à cet oiseau d’Afrique l’épithète de tisserand, parce qu’il a, comme le cap-more, l’habitude singulière d’entrelasser [sic] des fils de soie et des brins d’herbes dans la grille de sa cage. » (GoogleLivres, 2025/02/11)., dans sa réédition de l’Histoire naturelle de Leclerc de Buffon, C.-N.-S. Sonnini de Manoncourt avait quant à lui traduit en bruant tisserandLe terme tisserand a été repris par quelques auteurs par la suite (rarement toutefois avec la même extension que tisserin), mais ne s’est pas imposé. le nom donné par Latham à l’autre espèce (Weaver Bunting).

Très large générique au départ, tisserin va progressivement restreindre son extension d’emploi dans la nomenclature technique avec l’adoption d’une série de nouveaux génériques associés à de petits sous-ensembles d’espèces plus nettement délimités (euplecte, républicain, travailleur, etc.). Dans la langue générale, son emploi ne semble toutefois pas avoir été limité par cette spécialisation technique.

Taxonomie et nomenclature

Dans la nomenclature actuelle, le générique tisserin sert à dénommer une soixantaine d’espèces de passériformes de la famille des plocéidés classées dans le genre Ploceus, ainsi que dans le genre monospécifique Pachyphantes.

À la fin du 20e siècle, on donnait aussi le nom de tisserin écarlate à une espèce du genre Anaplectes, l’Anaplecte écarlate (Anaplectes rubriceps).

Dans des noms composés

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Espèce parmi les plus connues :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tisserin gendarme* [Ploceus cucullatus], (19e–mi-20e siècle) tisserin cap-more : grande espèce d’Afrique subsaharienne, largement répandue, à bec fort et dont le plumage du mâle en période de reproduction est à dominante de jaune, avec la tête et la gorge noires et souvent avec la nuque rousse. [syn. : (comme terme d'oisellerie) gendarme; cap-more.]

Remarque complémentaire relative à la sous-entrée.

Cette espèce a d’abord été décrite techniquement sous l’appellation de cap-more, en1775Buffon, Georges-Louis Leclerc de, et coll. (1775). Histoire naturelle des oiseaux, tome 3, p. 226 (GoogleLivres, 2025/02/12). Le texte est de P. Guéneau de Montbeillard., par P. Guéneau de Montbeillard qui écrit lui avoir donné ce nom « à cause de [son] capuchon mordoré ». Le terme aurait donc été créé à partir de la première syllabe de ces deux derniers mots. Le nom technique tisserin cap-more, adopté par L. P. Vieillot en 1819Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, ibidem, p. 128 (biodiversitylibrary.org, 2025/02/12)., a eu cours jusqu’au milieu du 20e siècle. On relève la variante tisserin Cap-Moor chez quelques auteurs de la première moitié du 20e siècle.

Remarque complémentaire relative à la sous-entrée.

Le nom de gendarme semble être apparu à la fin du 19e siècle dans le milieu de l’oisellerie (Granger, 1894)Granger, Albert (1894). « Catalogue des oiseaux exotiques de volière avec indication de leurs dénominations vulgaires et de leurs noms scientifiques », Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Béziers, p. 15 « Cap-more ou Gendarme. – Buffon avait donné à cet oiseau le nom de Cap-more [...]. Il est plus connu aujourd’hui sous celui de Gendarme. » (GoogleLivres, 2025/02/10).. Quant au nom technique actuel tisserin gendarme, il a cours depuis le milieu du 20e siècle.

Sous-ensemble de noms d’espèces.

Exemple du recul récent de tisserin comme générique technique :

Nom(s) composé(s) d’espèce(s) faisant l’objet d’une sous-entrée.

tisserin travailleur : (mi-19e–début 20e siècle) synonyme de travailleur à bec rouge*.

Références et notes

Source(s) métalinguistique(s)

  • TLF
  • FEW 13/1 texere, p. 291 a et b.

Base(s) ornithologique(s) de référence

Date de consultation :

  • Avibase
  • Birds of the World
  • eBird
  • Oiseaux.net

Note(s)